Alors que Zinedine Zidane vient de prendre les commandes de l’équipe de France après plusieurs années d’attente, Pierre Ménès s’est replongé dans ses souvenirs avec l’ancien numéro 10 des Bleus. Sur sa chaîne YouTube, l’ancien chroniqueur du Canal Football Club a notamment raconté l’une de ses premières rencontres avec Zidane, à l’époque où celui-ci évoluait encore à la Juventus.
«Tu te plantes devant Zidane et tu arraches une interview»
Au début de la carrière italienne de Zidane, Pierre Ménès travaillait encore pour L’Équipe. Il se souvient avoir été envoyé à Turin avec une mission bien précise : obtenir une interview du milieu de terrain français, qui se montrait alors particulièrement discret avec les médias. «J’ai eu des propositions pendant cinq ans pour reprendre un club et je les ai toutes refusées pour la France, car c’est la seule chose que je voulais faire après ma carrière, déclarait l’ancien entraîneur du Real Madrid lors de sa présentation le mois dernier. J’ai connu l’équipe de France gamin, j’ai commencé minimes, j’ai franchi toutes les étapes, jusqu’à la sélection A, le summum, il n’y a pas d’autres mots. J’ai passé ces 4-5 années à attendre ce jour-là. Je suis un peu ému, vous ne pouvez pas le voir mais je suis tout excité, c’est quelque chose de fort pour moi aujourd’hui. Je suis heureux de cette nomination», s’est souvenu l’ancien chroniqueur.
Malgré la difficulté de la mission, Ménès avait finalement réussi à obtenir son entretien dès le premier entraînement. «J’en ai fait des interviews dans ma carrière à L’Équipe. Il y en a une qui me revient à l’esprit. Le chef du foot de l’époque, Fabrice Jouhaud, m’avait envoyé à Turin en me disant ‘tu y vas le temps qu’il faut, tu te plantes devant Zidane, ça fait trop longtemps qu’il a parlé, et tu arraches une interview’. Là, tu te dis bon courage. Zidane, quand il n’a pas envie de parler, il n’a pas envie de parler. Finalement, au premier entraînement, je l’ai attrapé et j’ai fait une interview, très difficile car il n’avait clairement pas envie, s’est souvenu cette semaine l’ancien chroniqueur du CFC. Une interview qui, d’autant que je me souvienne, n’avait d’ailleurs pas grand d’intérêt si ce n’est celle d’exister. Mais c’est un de mes grands souvenirs d’interviews», a-t-il raconté.
Quand Zidane appelait directement Pierre Ménès
La relation entre les deux hommes s’est ensuite compliquée au fil des années. Pierre Ménès a notamment raconté un épisode survenu après la finale de la Coupe du monde 2006, marquée par le coup de tête de Zidane sur Marco Materazzi. À cette époque, l’ancien journaliste de L’Équipe avait participé à une émission de Complément d’enquête sur M6 consacrée à cet épisode. Quelques jours plus tard, son téléphone avait sonné.
«Quelques jours après, il m’appelle et me dit, « Ménès, c’est Zidane. » S’il m’appelait, c’est qu’il y avait quelque chose qui n’allait pas parce que pendant toute sa carrière, même quand je travaillais à L’Équipe, il m’appelait quand il y avait quelque chose qui ne lui plaisait», avait raconté Ménès en février 2025 sur sa chaîne YouTube. Le contenu de l’appel avait rapidement confirmé ses craintes. «Cette fois-ci, il me commence à me dire : “Les saloperies que tu as racontées…” J’étais un peu étonné. Je lui réponds : “Tu l’as vue, l’émission ?” Il me dit : “Non, on m’a répété ce qui a été dit.” J’étais là, “ah bah alors là, si c’est un analphabète qui t’a répété, moi, je ne peux rien pour toi. Regarde l’émission et rappelle-moi”.»
«Je n’ai jamais accroché avec l’homme»
Pierre Ménès distingue clairement le joueur de l’homme. Pour lui, les qualités sportives de Zidane ne souffrent d’aucune discussion, même s’il reconnaît avoir toujours eu davantage de difficultés avec sa personnalité. «Niveau sportif, il est le meilleur joueur français de l’histoire, c’est incontestable. Après, c’est vrai que je n’ai jamais accroché avec l’homme», avait-il reconnu.
Ménès redoutait «le bal» autour de Zidane
Avant la nomination officielle de Zidane, Pierre Ménès avait déjà prévenu qu’il serait particulièrement attentif à la manière dont les médias et les joueurs accueilleraient le nouveau sélectionneur. «Quand Saint Zidane va arriver à la tête de l’équipe de France, tout le monde va forcément et obligatoirement trouver tout formidable. Tout va être changé», lâchait-il l’année dernière. Il imaginait également une véritable vague d’hommages autour de l’ancien Ballon d’Or 1998. «Tu vas avoir le bal de tous les internationaux qui vont venir lui faire des lipettes, nous expliquant combien ça a été un joueur exceptionnel, et combien ce qu’il a fait avec le Real Madrid, en gagnant trois Ligues des Champions d’affilée, est un résultat fabuleux», poursuivait-il. Malgré ses réserves personnelles, Ménès assurait néanmoins vouloir conserver une certaine neutralité dans son analyse. Il promettait ainsi de rester «le plus objectif possible» concernant Zidane et son travail à la tête des Bleus.







