José Mourinho dévoile les secrets de sa méthode au Real Madrid

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José Mourinho s’est livré comme rarement lors de son passage dans le podcast «Bet it Drive Show». Accompagné du présentateur Yevhen Krazhan au volant dans les rues de Madrid, l’entraîneur du Real Madrid a évoqué son retour dans la capitale espagnole, sa philosophie de travail, sa relation avec ses joueurs et sa vision du football moderne.

Mourinho : «Le Real Madrid, c’est le Real Madrid»

Après son passage à Benfica, José Mourinho a choisi de revenir au Real Madrid. Une décision largement motivée par la volonté du club madrilène de le retrouver. «Je suis revenu parce que le Real Madrid me voulait. À la fin de la saison dernière, après deux saisons, le meilleur club du monde n’a pas obtenu les résultats escomptés et il y avait un certain fossé avec les supporters. Le club m’a contacté et m’a dit : “On te connaît, tu nous connais, tu connais le club, sa culture, ses supporters… On a besoin de toi. On a besoin de toi pour reconstruire, pour relancer la décennie incroyable qu’a connue le club. On a besoin de quelqu’un avec ton profil”», a expliqué le Portugais. Mourinho assure pourtant avoir été parfaitement heureux à Benfica et dans son pays. Mais l’opportunité de retrouver le Real Madrid était difficile à refuser. «C’est donc une formidable opportunité. J’étais heureux à Benfica. J’étais heureux au Portugal. J’ai quitté mon pays il y a tant d’années… alors quand je suis revenu à Benfica, tout allait bien. Mais le Real Madrid, c’est le Real Madrid», a-t-il confié. L’entraîneur affirme également que son départ de Benfica s’est effectué dans de bonnes conditions. «Tout le monde au club a compris que c’était une excellente opportunité pour moi de revenir. On a donc quitté Benfica en bons termes et je ne pourrais pas être plus heureux ni plus motivé», a-t-il ajouté.

Une philosophie fondée sur l’ambition et le réalisme

José Mourinho a ensuite détaillé sa philosophie de travail. Pour lui, viser haut ne signifie pas pour autant poursuivre des objectifs irréalistes. «J’aime le réalisme. Je n’aime pas une approche défensive, avec des objectifs trop modestes, où le seul but est de ne prendre aucun risque. J’aime viser haut, mais j’aime le réalisme. Dans certains clubs où j’ai travaillé, j’ai eu le sentiment que les objectifs n’étaient pas réalistes. Je veux aller au-delà.», a-t-il expliqué. Le technicien portugais refuse notamment les objectifs trop faciles à atteindre. «Je ne veux pas d’objectifs faciles, mais réalistes. Et j’ai eu l’impression, du fait de mes nombreux succès et de mes objectifs ambitieux tout au long de ma carrière, que certains se disaient : “C’est grâce à lui qu’on peut se permettre des objectifs aussi fous”», a poursuivi Mourinho. Pour lui, les performances reposent avant tout sur le travail et la qualité collective. «Il n’y a pas de miracles dans le football, et je ne pense pas qu’il y en ait dans aucun autre domaine. Il y a le talent, le travail d’équipe, l’ambition, l’empathie… mais il faut jouer avec ambition, avec des ambitions réalistes», a-t-il déclaré. Et au Real Madrid, cette exigence prend une dimension particulière. «Le Real Madrid est un club où les objectifs sont, bien sûr, les plus élevés. Mais en même temps, le talent et l’organisation dont on dispose sont aussi liés à ce type d’ambitions», a-t-il ajouté.

Mourinho veut préserver l’essence du football

L’ancien entraîneur de Benfica s’est également montré prudent face aux nombreuses évolutions du football moderne. S’il reconnaît l’importance des nouvelles technologies et la nécessité de rapprocher le sport des nouvelles générations, il ne souhaite pas que les changements dénaturent le jeu. «S’il vous plaît, ne le changez pas trop. Cela m’inquiète. Car on part du principe que c’est un sport ancien, et pourtant les gens l’adorent toujours. N’y changez pas trop», a-t-il lancé. Mourinho estime que certaines évolutions peuvent être positives, à condition de préserver ce qui fait l’identité du football. «Faites en sorte que le football utilise les nouvelles technologies pour se moderniser, et faites-le de manière crédible. Mais quand quelque chose semble parfait, ne le changez pas trop, car vous risqueriez de détruire un projet exceptionnel», a-t-il souligné.

«J’apprends tous les jours»

Malgré ses nombreuses années passées au plus haut niveau, José Mourinho affirme ne jamais considérer qu’il a fini d’apprendre. Les expériences vécues, les joueurs qu’il côtoie et les difficultés rencontrées continuent, selon lui, de nourrir sa réflexion. «J’apprends tous les jours. J’apprends des moments difficiles. J’apprends des personnes avec lesquelles je travaille, surtout des joueurs, et du fait que beaucoup de choses me semblent familières, car après tant d’années au plus haut niveau, les choses se répètent et j’ai cette impression de déjà-vu : « Ah oui, ça m’est déjà arrivé, ça m’est déjà arrivé. »», a-t-il expliqué. Le Portugais insiste également sur une particularité fondamentale du football : son imprévisibilité. «La beauté du football réside dans son imprévisibilité. Ça reste un jeu. Et au final, les 90 minutes d’un match sont le fruit de nombreuses heures de travail durant la semaine, un travail acharné pour atteindre ces 90 minutes», a-t-il expliqué. Mourinho estime d’ailleurs que cette part de mystère doit être préservée, notamment face à l’omniprésence des caméras et des réseaux sociaux. «Je pense que les gens sont parfois très curieux de savoir ce qui s’est passé avant et après ces 90 minutes. Mais je crois que cela fait aussi partie de la magie du football. Quand on va voir un film exceptionnel, les producteurs nous montrent généralement de courtes bandes-annonces, mais pas le film en entier. C’est la même chose dans le football. Nous comprenons l’évolution, nous comprenons les réseaux sociaux et nous savons qu’il faut attirer l’attention. Alors, petit à petit, nous avons ouvert les vestiaires, puis nous avons repris l’entraînement. Mais à certains moments, je dois dire au caméraman : « Sortez d’ici immédiatement. Je ne veux pas de caméras. » C’est comme ça», a-t-il raconté.

La communication au cœur de sa méthode

Enfin, José Mourinho a expliqué pourquoi la communication occupe une place centrale dans sa relation avec ses joueurs. Pour lui, un entraîneur ne peut pas simplement imposer une stratégie : il doit également s’assurer que ceux qui sont chargés de l’appliquer y adhèrent. «J’apprends constamment. Vraiment constamment. Dans le football, j’ai toujours accordé une grande importance à la communication. Je leur dis souvent : “Voici mon idée pour ce match, voici ma stratégie, voici comment je l’analyse avec mes adjoints, voici comment nous voulons jouer.” Mais plus important encore que ma propre vision du jeu, c’est leur ressenti», a-t-il expliqué.

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Le technicien portugais cherche ainsi à instaurer un véritable dialogue avec son groupe. «Vous sentez-vous capables de le faire pour moi ? Vous sentez-vous capables d’accomplir les tâches que je vous confie ? Sinon, faites-moi part de vos impressions», a-t-il poursuivi. Pour Mourinho, cette relation entre l’entraîneur et ses joueurs est indispensable pour atteindre le meilleur niveau. «Nous découvrons ensemble. Nous essayons d’atteindre la situation idéale où l’entraîneur est satisfait et à l’aise, et où le joueur l’est aussi. Je ne pense pas que cela fonctionne si un joueur fait quelque chose en quoi il ne croit pas», a-t-il assuré. Avant de conclure sur l’importance du lien entre le technicien et son groupe : «Je pense que la relation entre le leader et ceux qui, disons, le représentent sur le terrain est fondamentale.»

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