Gianni Infantino est de nouveau sous pression à la tête de la FIFA. Lors d’une réunion du Conseil exécutif à Zurich, le président de l’instance aurait exprimé des regrets concernant sa gestion d’un projet visant à ouvrir la Coupe du monde à des investisseurs privés. Mais ses explications n’ont pas convaincu plusieurs dirigeants du football, qui réclament des réponses précises.
«Il s’est excusé de ne pas avoir soumis la question au Conseil»
Debbie Hewitt, présidente de la Fédération anglaise de football et vice-présidente de la FIFA, a regretté le manque de clarté du dirigeant. «Ce qui est décevant, c’est que nous n’ayons reçu aucune réponse à nos demandes spécifiques», a-t-elle déclaré à l’issue de la réunion. Cette réunion était la première de l’instance dirigeante depuis la controverse autour du projet d’ouverture du secteur commercial de la Coupe du monde à des investisseurs privés. Selon les responsables cités, Infantino aurait reconnu des erreurs dans la manière dont il avait présenté cette initiative. «Il s’est en fait excusé de ne pas avoir soumis la question au Conseil», a expliqué Debbie Hewitt. Elle a également précisé que le président de la FIFA avait demandé que les questions lui soient transmises par écrit. La dirigeante britannique a toutefois insisté sur la nécessité d’obtenir des explications. «Je pense que cet homme doit répondre à ces questions et, s’il ne le fait pas maintenant, il n’est pas apte à être président de la FIFA», a-t-elle affirmé.
La confiance envers Infantino remise en question
Le président de la Fédération allemande de football, Bernd Neuendorf, a lui aussi fait part de son mécontentement après la réunion. «Comme je l’ai dit, la confiance en lui est rompue. De nouvelles personnes doivent désormais élaborer de nouvelles idées, et il est nécessaire de déterminer comment redresser la situation de cette organisation, d’une importance capitale pour le football mondial. Nous avons besoin d’une personne intègre, quelqu’un qui puisse restaurer la réputation de cette institution, désormais ternie», a-t-il déclaré. Ces critiques interviennent alors que la prochaine élection à la présidence de la FIFA est annoncée pour le 18 mars 2027, lors du congrès de Rabat, au Maroc.
Un projet commercial qui divise les fédérations
Le projet controversé prévoyait la vente d’une participation de 20 à 30 % dans une nouvelle filiale commerciale de la FIFA à des investisseurs privés. Le groupe aurait notamment été dirigé par Joshua Kushner, frère de Jared Kushner, le gendre de Donald Trump. L’initiative aurait également été accompagnée d’une incitation financière pour les fédérations nationales, avec un budget d’environ 13,4 millions d’euros par fédération pour le cycle 2027-2031, sous réserve de l’approbation du projet. Le président de la Fédération mauritanienne, Ahmed Yahya, a défendu le principe de l’initiative,estimant qu’elle pouvait servir «l’intérêt du football». Il a toutefois reconnu que «ce qui a échoué, c’est la manière» dont elle avait été présentée.






