La communication autour de Gianni Infantino semble être devenue un enjeu majeur pour la FIFA. Selon The Times, l’instance dirigeante du football mondial a fait appel à une agence londonienne spécialisée dans le sport afin de renforcer son image et, plus particulièrement, celle de son président. Un contrat de près de 2,7 millions d’euros aurait ainsi été conclu avec Ten Toes Media.
D’après le quotidien britannique, qui affirme avoir consulté le contrat, la FIFA travaille depuis mars 2025 avec cette agence de communication. Le partenariat, prévu pour une durée de 22 mois et courant jusqu’en décembre 2026, représenterait environ 2,7 millions d’euros. Parmi les missions confiées à Ten Toes Media figure notamment la volonté d’«accroître la visibilité de l’organisation» et de «préserver l’image de la FIFA et de son président». L’agence doit également fournir différents outils, analyses et renseignements afin d’aider l’instance à définir et piloter sa stratégie de communication, en accord avec la vision de Gianni Infantino.
Une communication renforcée autour d’Infantino
Ce dispositif intervient alors que le président de la FIFA fait face à plusieurs critiques et controverses. Ces derniers mois, les ingérences politiques autour de certaines compétitions, l’abandon de son projet de création d’une société commerciale ainsi que les tensions avec plusieurs fédérations et confédérations ont alimenté les débats autour de sa gouvernance.
Le travail de Ten Toes Media serait notamment évalué à partir de l’évolution du nombre d’abonnés et des impressions générées sur les réseaux sociaux. La mission concerne donc directement la visibilité numérique de la FIFA, mais également celle de son président. Un élément attire d’ailleurs particulièrement l’attention concernant la présence d’Infantino sur les réseaux sociaux. Sur son compte Instagram, seuls les utilisateurs qu’il suit seraient actuellement autorisés à commenter ses publications, limitant ainsi les réactions publiques sous ses messages.
Des révélations déjà embarrassantes pour le président de la FIFA
Cette stratégie de communication intervient dans un contexte où Gianni Infantino doit déjà gérer plusieurs affaires susceptibles de ternir son image. Selon une enquête du Telegraph, «une ancienne employée de l’UEFA avec laquelle le dirigeant aurait entretenu une relation lorsqu’il était secrétaire général de l’organisation aurait bénéficié de plusieurs avantages professionnels et financiers. Le quotidien britannique évoque notamment des promotions et une indemnité versée lors de son départ, ainsi qu’un financement important de ses études.»
L’UEFA a confirmé qu’un paiement avait été effectué, tout en indiquant avoir eu connaissance des allégations concernant la relation entre Infantino et cette employée. L’organisation européenne affirme également avoir renforcé depuis ses règles internes. Selon les informations rapportées par le Telegraph, le financement de ses études aurait représenté environ 45 000 livres sterling par an, soit près de 52 500 euros.
Infantino dément catégoriquement les accusations
Gianni Infantino rejette pour sa part l’ensemble des accusations portées contre lui. Par l’intermédiaire d’un porte-parole, le président de la FIFA assure qu’il n’a commis aucune faute. «Le président de la FIFA, Gianni Infantino, dément catégoriquement ces allégations, qui sont totalement fausses. Toute insinuation de faute ou de violation des statuts ou règlements constitue une diffamation», a déclaré son porte-parole.
Ce dernier a également défendu les procédures administratives de l’UEFA à l’époque concernée. «Aucun employé de l’UEFA ou de la FIFA n’a jamais déposé de plainte concernant le comportement de M. Infantino, car il n’a jamais été impliqué dans aucun incident. Toutes les mesures organisationnelles relatives aux employés, y compris les départs et les indemnités de licenciement, ont toujours été approuvées par les directeurs concernés, conformément à la réglementation en vigueur», a-t-il ajouté.
Une présidence sous pression
Ces révélations interviennent alors que la position de Gianni Infantino est déjà fragilisée par les nombreuses critiques suscitées par son projet de création d’une structure commerciale destinée à exploiter une partie des droits de la Coupe du monde. L’abandon de ce projet avait provoqué de nombreuses réactions au sein du football mondial et alimenté les appels à une remise en question de la gouvernance de la FIFA. Le quotidien britannique affirme par ailleurs que «l’ancienne employée aurait continué à bénéficier d’une progression professionnelle au sein de l’UEFA pendant la période où la relation présumée aurait existé». Selon les informations rapportées, «Michel Platini, alors président de l’UEFA, aurait lui-même été informé de la situation et aurait participé aux discussions ayant conduit au départ de l’intéressée».







