Quelques mois après avoir remporté la Coupe du monde 1998 avec l’équipe de France, Zinédine Zidane s’était livré sur ses débuts financiers et sur la manière dont il avait dépensé ses premiers gros revenus. Si le futur Ballon d’Or s’était offert quelques plaisirs personnels, une chose comptait surtout à ses yeux : permettre à ses parents de vivre dans leur propre maison.
Né à Marseille et élevé dans le quartier de La Castellane, Zinédine Zidane avait connu une ascension fulgurante. Après des passages par Cannes et Bordeaux, le milieu de terrain s’était imposé au plus haut niveau avec la Juventus. Mais l’année 1998 allait définitivement changer sa vie. Champion du monde avec les Bleus après un doublé en finale contre le Brésil, Zidane remportait ensuite le Ballon d’Or et devenait l’une des personnalités les plus populaires du pays.
Ses premiers plaisirs : des jeans et une voiture
En novembre 1998, quelques mois après le sacre mondial, Zidane racontait à Mireille Dumas, sur France 2, comment il avait vécu ses premiers changements financiers. L’ancien joueur expliquait notamment qu’avant de toucher des sommes importantes, ses premières primes lui permettaient surtout de s’offrir quelques vêtements. «Je me rappelle très bien de la première grosse prime que j’ai eue. Je touchais 1 200 francs. C’était surtout m’acheter deux-trois jeans Levi’s quoi (rires)», racontait-il. Mais lorsque ses revenus ont commencé à devenir beaucoup plus confortables, le champion du monde avait une priorité bien plus importante en tête.
«La chose la plus importante, c’était que mes parents aient une maison»
Zidane avait depuis longtemps une idée précise de ce qu’il voulait faire avec son argent : permettre à ses parents d’avoir enfin leur propre maison. «La chose qui me faisait rêver et que j’ai pu me payer ? Que j’ai pu offrir à mes parents. C’était la maison de mes parents. C’était un truc que j’ai toujours eu dans ma tête», racontait-il. L’ancien numéro 10 poursuivait : «La chose la plus importante, c’était que mes parents aient une maison un jour, avec un petit jardin. Mon père, c’était ça : il fallait qu’il ait un jour son jardin. Et fini les appartements, rentrer, ne pas avoir de petit chez soi.» Pour lui, le plaisir personnel était beaucoup plus simple : une belle voiture. «En ce qui me concerne, ce dernier voulait simplement “une belle voiture. C’était acheter une voiture. Mais pourquoi… parce que je les ai toujours eues en miniature. Et encore, toujours eues…”», expliquait-il.
«Je pensais connaître la gloire et gagner autant d’argent ? Non»
Même devenu champion du monde et future star planétaire, Zidane avait du mal à réaliser le chemin parcouru. «Je pensais connaître la gloire et gagner autant d’argent ? Non, ça, non. On les regardait à la télévision avec mes frères, on disait : “Eux, ils sont là-bas, à la télé, et nous, on ne peut que les regarder. On restera toujours de notre côté.” Au départ, c’était comme ça», racontait-il. L’ancien joueur de la Juventus souhaitait montrer que les origines sociales ne devaient pas empêcher quelqu’un de poursuivre ses ambitions. «Il y en a beaucoup dans les quartiers défavorisés qui peuvent le faire. Moi, j’ai envie de leur dire tout ça, dans mon quartier, je le fais», expliquait-il.
Zidane reconnaissait toutefois que son message pouvait sembler facile à tenir après avoir connu une telle réussite. «C’est sûr qu’on ne peut pas le faire de partout, mais ce que j’ai envie de leur dire quand je les vois, c’est ça : foncez dans ce que vous avez envie de faire. Parce qu’aujourd’hui, on a le choix. Je sais que c’est facile de dire ça pour moi parce que je suis là où je suis maintenant. Il y a pas mal de personnes qui diront : “C’est facile de dire ça.”» Mais il insistait sur le fait qu’il était lui-même parti de rien : «Moi, j’ai commencé de rien. J’ai foncé dans ce que j’avais envie de faire. Je ne dis pas qu’on peut réussir à 100%, mais il ne faut pas dire que l’on n’a pas le choix. C’est ça que je veux dire.»







