Le conflit entre l’UEFA et la FIFA prend une nouvelle dimension. Selon des informations rapportées par la presse britannique, notamment The Times, l’instance européenne aurait préparé un dossier juridique en vue d’engager des poursuites contre la FIFA et son président, Gianni Infantino.
Au cœur de cette offensive se trouve le projet controversé de création d’une filiale commerciale de la FIFA ouverte à des investisseurs privés. Un projet finalement abandonné par Infantino, mais dont les conditions de mise en place continuent de susciter de fortes tensions dans le monde du football.
L’UEFA conteste la valorisation du projet
D’après les documents juridiques préparés par l’UEFA, «le projet de vente de 20 % de la future filiale commerciale de la FIFA aurait été largement sous-évalué. L’opération prévoyait l’entrée d’un groupe d’investisseurs privés dirigé par Joshua Kushner, frère de Jared Kushner, le gendre de Donald Trump. Le montant évoqué était de 4,2 milliards de dollars, soit environ 3,6 milliards d’euros, pour une participation de 20 %. L’UEFA estime que cette valorisation aurait été fixée à un niveau «absurdement bas». Selon son dossier, le prix n’aurait été ni déterminé dans le cadre d’une procédure ouverte et concurrentielle, ni évalué par un expert indépendant. Le document de 56 pages va jusqu’à évoquer une possible «gestion délictueuse» de la part de Gianni Infantino».
Des aides financières aux fédérations également contestées
L’UEFA s’interroge également sur les incitations financières qui auraient été proposées aux 211 fédérations membres de la FIFA afin de favoriser leur soutien au projet. Les documents évoquent une enveloppe pouvant atteindre 40 millions de dollars sur quatre ans pour certaines fédérations. Pour l’UEFA, ces sommes pourraient avoir joué un rôle dans le soutien apporté au projet. L’instance européenne envisagerait ainsi de saisir la justice suisse. Elle souhaiterait également obtenir une ordonnance obligeant Thrive Capital, le fonds dirigé par Joshua Kushner, à communiquer les documents relatifs au projet de filiale commerciale baptisé FIFA Forward Enterprise.
Un projet abandonné après plusieurs semaines de polémique
Le projet avait été révélé fin juillet par The Times et avait rapidement provoqué une importante controverse. L’UEFA avait notamment évoqué la possibilité de boycotter la Coupe du monde 2030, tandis que la Concacaf avait rejeté la proposition. Au sein même de la FIFA, plusieurs responsables avaient pris leurs distances avec l’initiative.
Carlos Cordeiro, conseiller principal de Gianni Infantino, avait annoncé son départ, tandis que Kévin Lamour, présenté comme le numéro trois de l’instance, s’était publiquement désolidarisé du projet avant d’être licencié. Face à la contestation grandissante, Gianni Infantino avait finalement annoncé l’abandon de l’initiative quelques jours après les premières révélations. «Force est de constater que ce projet a suscité des clivages qui, indépendamment du niveau de soutien, ne servent plus l’objectif initialement fixé», avait expliqué le président de la FIFA. Avant de conclure : «Notre objectif a toujours été – et sera toujours – d’unir et de progresser. En conséquence, cette proposition n’ira pas de l’avant.»







