Sir Alex Ferguson s’est livré comme rarement sur sa vie personnelle et ses inquiétudes liées au vieillissement. Dans un entretien accordé à The Observer à l’occasion de la sortie de son livre Games of My Life, l’ancien entraîneur emblématique de Manchester United a notamment évoqué la démence, une maladie qui touche aujourd’hui son frère Martin et qui l’interroge personnellement.
À 84 ans, Ferguson reconnaît notamment avoir lui-même pensé aux conséquences des nombreux coups de tête reçus durant sa carrière de joueur. «Cela m’inquiétait moi-même, car je faisais beaucoup de têtes», a-t-il confié, en référence aux interrogations autour des conséquences des impacts répétés à la tête dans le football.
«La démence est un défi pour quiconque vieillit»
L’ancien manager de Manchester United ne cache pas son inquiétude face au vieillissement. «Tous les footballeurs y sont passés. La démence est un défi pour quiconque vieillit. Cela m’inquiète beaucoup. Je me dis toujours : « J’ai 84 ans. Si j’arrive à 85 ans, tout ira bien »», a-t-il raconté avec une pointe d’humour. Ferguson a également évoqué la situation de son frère Martin, âgé de 83 ans. Malgré les difficultés, un dispositif utilisant la musique lui permet de raviver certains souvenirs. «Il me reconnaît, c’est formidable. À Glasgow, ils ont lancé un projet musical [Playlist for Life], et le principe est simple : on vous donne un coffret avec toutes vos chansons préférées. Il suffit d’appuyer sur un bouton pour les écouter, et tous les souvenirs font ressurgir», a expliqué l’ancien entraîneur.
«Cathy a dirigé Ferguson United»
Au cours de cette longue interview, Sir Alex Ferguson a également rendu un hommage émouvant à son épouse Cathy, décédée en octobre 2023 à l’âge de 84 ans. Il a notamment souligné l’importance qu’elle avait eue dans sa carrière et dans sa vie familiale. «J’ai peut-être entraîné Manchester United, mais c’est Cathy qui a dirigé Ferguson United. 59 ans de mariage, c’est long. Cathy était très croyante et se considérait avant tout comme une femme et une mère. Elle ne s’est jamais immiscée dans ma vie d’entraîneur et ne s’en est jamais plainte, car elle savait que c’était mon métier. Une femme formidable, et elle a été une véritable source d’inspiration pour les garçons», a-t-il raconté. Ferguson a également évoqué le caractère de son épouse et son influence sur son entourage. «Elle avait un don pour juger les gens. Elle était très prudente avec ceux qui voulaient se lier d’amitié avec moi. Elle n’est même jamais venue ici [dans sa maison actuelle]. Nous nous sommes mariés un samedi matin, et j’ai joué l’après-midi», a-t-il ajouté.
Une méthode basée sur la constance
Enfin, Sir Alex Ferguson est revenu sur les principes qui ont guidé son immense carrière d’entraîneur, de St. Mirren à Aberdeen puis à Manchester United. «J’aimais recevoir les joueurs dans mon bureau. J’aimais discuter avec eux. Je le faisais parfois avec les plus jeunes. Je leur racontais une histoire ou quelque chose comme ça», a-t-il expliqué. Le technicien écossais estime surtout que sa constance a été l’une des clés de sa réussite. «Ce à quoi je suis resté fidèle, c’est la constance. Je n’ai jamais dévié de mes convictions, que ce soit à St. Mirren, à Aberdeen ou à Manchester United. Elles sont restées les mêmes. Je pensais que c’était la bonne chose à faire.» La formation des jeunes a notamment toujours occupé une place importante dans sa philosophie. «Je pensais qu’il était important de former de jeunes joueurs. J’ai formé des dizaines de joueurs issus du centre de formation de Manchester United qui sont devenus internationaux», a-t-il conclu.






