La polémique autour de Cristiano Ronaldo a pris de l’ampleur avant le déplacement du Portugal au Danemark. Après son absence du onze contre la Norvège et son attitude au coup de sifflet final, le capitaine portugais avait également été au centre des interrogations après une séance d’entraînement particulière. Face aux médias, Ruben Dias a toutefois tenu à relativiser la situation.
«Un moment de frustration de 10 ou 15 secondes»
Le défenseur de Manchester City est revenu sur l’attitude de Cristiano Ronaldo après la victoire contre la Norvège (2-1). Resté sur le banc durant toute la rencontre, l’attaquant portugais n’avait pas rejoint ses coéquipiers pour saluer les supporters après le coup de sifflet final. Pour Ruben Dias, il ne faut pas tirer de conclusions de cet épisode. «Ce fut un moment de frustration, qui a duré 10 ou 15 secondes, mais qui ne diminue en rien son engagement de plus de 20 ans envers l’équipe nationale. Cinq minutes plus tard, nous étions tous dans les vestiaires à célébrer ensemble une grande et importante victoire», a expliqué le défenseur.
Dias veut rapidement tourner la page
Alors que l’absence de Ronaldo à l’entraînement avait également alimenté les spéculations, Ruben Dias assure que l’ambiance reste positive au sein du groupe portugais. «Vous le verrez à l’entraînement, vous ressentirez notre joie et vous verrez que nous sommes heureux. C’est un nouveau cycle, nous sommes ravis de nous lancer dans cette nouvelle aventure. Nous avons déjà remporté deux victoires et nous sommes impatients de voir ce que l’avenir nous réserve», a-t-il déclaré. Le défenseur portugais refuse surtout de donner une importance excessive à la frustration de son capitaine. «Aucun d’entre nous n’y accorde une importance démesurée. Ce sont des moments qui arrivent, à lui comme à n’importe qui d’autre. Citez-moi un seul joueur qui n’a jamais eu de désaccord avec un entraîneur ou un moment de frustration envers lui-même. Ce sont des choses naturelles et il est important de savoir relativiser», a-t-il ajouté.
Jorge Jesus assume ses choix
De son côté, Jorge Jesus avait déjà apporté ses propres explications concernant la gestion de Cristiano Ronaldo. Le sélectionneur portugais a reconnu avoir demandé à son capitaine de s’échauffer contre la Norvège avant de finalement décider de ne pas le faire entrer. «C’est vrai que je me suis mis d’accord avec lui, nous avons élaboré un plan comme avec Bruno Fernandes et j’ai dit à Cris’ qu’il ne jouerait ni le match en Norvège ni celui contre le Danemark, parce que j’ai travaillé un an avec Cris’. Je ne suis pas arrivé il y a trois mois en équipe nationale pour faire la connaissance de Cris’. Je connais parfaitement les capacités physiques de Cris’.(…) Je ne suis pas le genre d’entraîneur qui, dès que je m’assois sur le banc, pense déjà qu’à la 60e minute et au changement que je vais faire. J’avais convenu avec lui qu’il ne jouerait pas les deux premiers matchs, mais je me suis dit pendant le match que j’aurais peut-être besoin de lui dans les dernières minutes. Mais le match m’a dicté autre chose et je ne l’ai pas fait entrer. Voilà la vérité. (…) Pendant le match, je me suis dit que j’aurais peut-être besoin de lui et qu’il allait s’échauffer. Et puis je ne l’ai pas fait entrer. N’importe quel joueur n’est pas content quand il s’échauffe pendant 20 ou 30 minutes, et qu’ensuite il n’entre pas en jeu. Personne n’est content. Encore moins Cris’. (…) Qu’est-ce que j’ai promis ? Comme je l’ai dit, je n’allais pas le faire entrer en jeu, mais j’ai dit avant le match : «Cris’, si j’ai besoin de toi, tu joueras 20 ou 30 minutes», et il a répondu «d’accord». Une fois sur le terrain, je lui ai demandé de s’échauffer à la 45e minute, je ne savais pas ce que j’allais faire. C’est là que j’ai commis une erreur, j’aurais dû le faire s’échauffer environ 15 minutes plus tard. Je ne savais pas ce qui allait se passer, j’ai commencé à observer le match et je ne l’ai pas fait entrer», avait expliqué le technicien.
Jesus avait également démenti tout refus de s’entraîner de la part de Ronaldo : «Il n’a pas refusé de s’entraîner. Francisco Conceição, qui était blessé, et João Félix ne se sont pas entraînés et Cris’ a fait de la musculation. Il a fait des exercices de mobilisation sur le terrain, puis des exercices de renforcement à l’hôtel. Il n’a pas refusé. Il va s’entraîner aujourd’hui. Il n’a pas refusé de s’entraîner. C’est impossible. Ce n’est pas Cris’. Pensez-vous qu’un joueur d’une équipe nationale refuse de s’entraîner ?» Mais si le coach lusitanien assure qu’il n’y avait pas de quoi en faire toute une histoire, cet événement a quand même forcé le président de la fédération portugaise (FPF), Pedro Proença, à annuler sa présence au match des Espoirs pour foncer au Danemark deux jours plus tôt. «Le président Proença nous a parlé, à Cris’ et à moi, parce que c’est le rôle d’un président. Parler au capitaine, à l’entraîneur quand il y a des rumeurs. S’il n’y avait pas eu cette affaire, il serait quand même venu, mais nous avons discuté tous les trois. J’avais déjà parlé à Cris’ après le dîner. Il n’est pas venu pour régler quoi que ce soit, car il n’y avait rien à régler»
Enfin, le sélectionneur avait laissé entendre que Gonçalo Ramos pourrait débuter contre le Danemark : «Je vais procéder à des changements. J’en ai toujours fait 3 ou 4 à chaque match. C’est indispensable pour les entraîneurs qui participent à cette compétition. Avec 4 matchs en 11 jours, soit pratiquement un tous les trois jours, il faut faire tourner les joueurs qui semblent plus fatigués que les autres. Demain, je ferai de même. 3 ou 4 joueurs vont à nouveau entrer en jeu. (…) Aujourd’hui, je vais m’entraîner. Si tout se passe comme prévu, c’est Gonçalo (Ramos) qui jouera.»






