Javier Tebas ne compte pas présenter ses excuses au Real Madrid après avoir comparé les méthodes de communication du club à celles de Joseph Goebbels, ancien ministre de la Propagande de l’Allemagne nazie. Face aux critiques et aux appels à sa démission, le président de LaLiga estime que ses propos ont été mal interprétés et maintient ses accusations contre la chaîne Real Madrid TV.
La polémique a éclaté après une longue déclaration dans laquelle Tebas dénonçait la manière dont le média madrilène traite les décisions arbitrales et les controverses entourant le club. Il reproche notamment à la chaîne de présenter systématiquement le Real Madrid comme une victime et de relayer un discours qu’il juge partial.
«Cette méthode rappelle les mécanismes de propagande exploités par Goebbels, ministre de la Propagande de l’Allemagne nazie : répétition systématique, construction d’un ennemi et subordination des faits au récit. La comparaison porte sur ces techniques de propagande, et non sur une idéologie ni, bien sûr, sur les supporters madridistes. Real Madrid TV est un élément central de cette machine. Où est l’analyse complète des matchs de chaque journée ? Où sont les éventuelles erreurs qui portent préjudice à d’autres clubs ou celles qui favorisent le Real Madrid ? S’ils appliquaient le même regard critique à toutes les rencontres, le résultat risquerait peut-être de bouleverser leur scénario. Mais le scénario exige que le Real Madrid apparaisse toujours comme une victime. On en arrive ainsi à l’extrême de présenter même l’ABSENCE D’ERREUR comme une erreur et d’utiliser l’affaire Negreira comme explication permanente de toute décision qui ne leur plaît pas. Le soupçon est considéré comme avéré et la conclusion est écrite avant même le début du match. Et cette même technique s’applique désormais aux calendriers : on ne retient que ce qui alimente le sentiment d’injustice et on occulte le contexte qui permettrait de vérifier les faits. Parlons donc des calendriers, Tomás. Que ce haut dirigeant qui alimente les porte-voix explique combien de demandes de changement d’horaire et de jour le Real Madrid a présentées et combien ont été acceptées (sur ce sujet, il est en tête du classement). Celles qui ont été acceptées également ! Qu’il ne se contente pas de ne citer que celles qui l’intéressent pour alimenter la polémique du moment. Et qu’il inclue les demandes liées au calendrier visant à faciliter l’organisation des événements que la « super licence » autorise au Santiago-Bernabéu. Car pour demander que la compétition s’adapte à leurs besoins, ils font preuve de beaucoup d’initiative ; pour reconnaître les demandes satisfaites, ils ont bien moins de mémoire. C’est ce bilan qu’il faut publier : ce que le Real Madrid a demandé, ce qui lui a été accordé et ce qui n’a pas pu l’être, avec les raisons correspondantes. Les horaires affectent également l’adversaire, les autres clubs, les supporters et les engagements audiovisuels de la compétition. Une demande ne devient pas un droit simplement parce qu’elle émane du Real Madrid, pas plus qu’un refus ne prouve une persécution. LaLiga défend sa compétition. Ce qui n’est pas sérieux, c’est de demander des ajustements de jours, d’horaires et de calendrier, puis de présenter chaque désaccord comme une preuve que LaLiga porte préjudice au club. Si l’on veut parler du traitement reçu, il faut raconter TOUT le traitement reçu. Tomás, voilà des questions concrètes pour tes sources. Et Real Madrid TV dispose de matière pour une émission : les demandes du club et les réponses qu’il a reçues. Nous verrons s’ils consacrent à ce dossier le même enthousiasme qu’aux vidéos dénonçant les injustices. Ensuite, les autres médias relaient le message. Real Madrid TV diffuse les images, d’autres publient les titres et tous répètent la même accusation», avait-il déclaré. Tebas avait toutefois précisé que sa comparaison portait sur les techniques de communication, et non sur une idéologie politique ou sur les supporters madrilènes.
«Je n’ai traité personne de nazi»
Dans un entretien accordé au quotidien français L’Équipe, le patron de LaLiga a de nouveau défendu sa position. Il refuse de considérer ses propos comme une attaque idéologique contre les dirigeants du Real Madrid. «Je n’ai traité personne de nazi, bien sûr. Je parlais d’une stratégie de communication. Je ne vois pas pourquoi on me demande des comptes pour cela», a-t-il expliqué. La direction madrilène avait pourtant réagi fermement en réclamant sa démission immédiate. Cette confrontation verbale intervient dans un climat tendu entre les deux parties, à l’approche du Clasico face au FC Barcelone.
Tebas écarte le risque de sanctions
Interrogé sur une éventuelle sanction du Conseil supérieur des sports espagnol, Tebas a également minimisé cette possibilité. Selon lui, une sanction liée à ses déclarations créerait un précédent difficile à justifier. «Cela me semblerait inédit. Il y aurait donc des citoyens de première et de seconde classe ?», a-t-il lancé. Malgré les critiques, Javier Tebas reste donc sur ses positions. La polémique autour de ses propos ajoute une nouvelle dimension aux tensions entre LaLiga et le Real Madrid, alors que l’attention se tourne désormais vers le prochain Clasico.






