Takeshi Okada a quitté son poste de vice-président de la Fédération japonaise de football (JFA), sur fond de désaccord avec les orientations actuelles de la FIFA. L’ancien sélectionneur du Japon, qui a dirigé la sélection lors des Coupes du monde 1998 et 2010, a annoncé sa démission, effective depuis le 24 octobre. À 70 ans, il justifie cette décision par des divergences profondes entre ses convictions personnelles et les récentes décisions prises dans le football international.
«Je ne pouvais pas les accepter»
Dans un communiqué publié sur le site officiel de la JFA, Takeshi Okada a expliqué les raisons de son départ, évoquant notamment ses principes éthiques et la valeur sociale du sport. «J’ai décidé de démissionner de mon poste de vice-président. J’ai toujours pensé que le sport devait être noble et j’ai toujours accordé une grande importance à sa valeur sociale. Cependant, les actions récentes autour de la Coupe du monde de la FIFA ont créé un écart considérable entre mes convictions et les décisions prises. En tant que sportif, je ne pouvais pas les accepter, ce qui m’a conduit à prendre cette décision», a-t-il déclaré.
Cette démission intervient dans un contexte de critiques visant la gouvernance de Gianni Infantino, notamment sur les questions de transparence et de neutralité politique. Le récent congrès extraordinaire de la Confédération asiatique de football (AFC), organisé à Tokyo, a également contribué à raviver les tensions. À cette occasion, l’instance asiatique a réaffirmé son soutien au président de la FIFA.
Un désaccord avec la position de l’AFC
Le président de l’AFC, Shaikh Salman bin Ebrahim Al Khalifa, a défendu l’unité des associations asiatiques et leur volonté de poursuivre leur collaboration avec Gianni Infantino. Une orientation avec laquelle Okada ne semble pas être en mesure de s’accorder. L’ancien sélectionneur a toutefois reconnu que le Japon devait tenir compte de ses relations avec l’instance continentale. «Je comprends qu’il existe des raisons pratiques de s’aligner sur l’AFC et que cela a des conséquences pour le football japonais, compte tenu de nos relations avec la confédération», a-t-il expliqué. De son côté, le président de la JFA, Tsuneyasu Miyamoto, a défendu la nécessité de préserver les relations du Japon avec les instances dirigeantes asiatiques. Il considère le soutien de l’AFC à Infantino comme la ligne de référence pour le football japonais, dont les intérêts dépendent aussi de sa coopération avec la confédération.
Une figure respectée du football japonais
Takeshi Okada reste une personnalité majeure du football japonais. Il a conduit la sélection nationale lors des Coupes du monde 1998 et 2010 et a occupé le poste de vice-président de la JFA depuis mars 2016. En quittant ses fonctions avant la fin de son mandat, il affirme privilégier ses convictions personnelles plutôt que de soutenir une orientation qu’il désapprouve. Il a néanmoins reconnu le caractère difficile de cette décision. «Je suis vraiment désolé de quitter mon poste avant la fin de mon mandat, mais j’espère que vous comprendrez qu’il s’agit d’une décision que j’ai prise après mûre réflexion», a-t-il conclu.






