Gianni Infantino est sous pression à la tête de la FIFA après la polémique autour de son projet d’ouverture du secteur commercial de la Coupe du monde à des investisseurs privés. Lors d’une réunion du Conseil de la FIFA à Zurich, le président de l’instance a présenté ses excuses pour les erreurs commises dans la gestion de ce dossier. Une intervention qui a fait réagir son prédécesseur, Sepp Blatter.
Dans un message publié sur X, l’ancien président de la FIFA, qui a dirigé l’organisation de 1998 à 2015, s’est moqué du discours de Gianni Infantino. «Gianni Infantino, le plus grand ! Une performance incroyable à Zurich : Infantino, qui semble être un bon catholique, confesse ses péchés puis promet 25 millions. Confession, pardon et absolution, tout cela en une seule apparition ! Le pape doit se réjouir. Mais dans le football, comme à l’église, la crédibilité ne s’achète pas», a-t-il ironisé.
Infantino promet 25 millions de dollars aux fédérations
Au cours de son intervention, Gianni Infantino a reconnu des erreurs dans la gestion du projet et dans la communication autour de celui-ci. «Je voudrais dire que nous nous excusons pour les erreurs commises dans la gestion de ce projet et dans la communication à son sujet, ce qui a entraîné de nombreuses conséquences», a-t-il déclaré. Le dirigeant a également annoncé une enveloppe de 25 millions de dollars pour chaque fédération nationale, dans un contexte où plusieurs responsables du football réclament davantage de transparence sur cette initiative commerciale. Le projet prévoyait notamment la vente d’une participation de 20 à 30 % dans une nouvelle filiale commerciale de la FIFA à des investisseurs privés. Selon les informations rapportées, le groupe concerné devait être dirigé par Joshua Kushner, frère de Jared Kushner, le gendre de Donald Trump.
La confiance envers le président de la FIFA fragilisée
Les excuses de Gianni Infantino n’ont pas suffi à apaiser les critiques. Debbie Hewitt, présidente de la Fédération anglaise de football et vice-présidente de la FIFA, a regretté l’absence de réponses précises aux questions soulevées par les dirigeants. Elle a notamment estimé que le président devait s’expliquer sur les conditions de présentation du projet au Conseil. «Je pense que cet homme doit répondre à ces questions et, s’il ne le fait pas maintenant, il n’est pas apte à être président de la FIFA», a-t-elle affirmé.
Le président de la Fédération allemande, Bernd Neuendorf, a également exprimé ses réserves sur la confiance accordée à Infantino et appelé à restaurer la réputation de l’institution. «Comme je l’ai dit, la confiance en lui est rompue. De nouvelles personnes doivent désormais élaborer de nouvelles idées, et il est nécessaire de déterminer comment redresser la situation de cette organisation, d’une importance capitale pour le football mondial. Nous avons besoin d’une personne intègre, quelqu’un qui puisse restaurer la réputation de cette institution, désormais ternie», a-t-il déclaré. De son côté, le président de la Fédération mauritanienne, Ahmed Yahya, a défendu le principe de l’initiative, estimant qu’elle pouvait servir «l’intérêt du football». Il a toutefois reconnu que «ce qui a échoué, c’est la manière» dont elle avait été présentée.






