La Fédération royale belge de football (RBFA) a annoncé lundi qu’elle ne soutiendrait pas la candidature de Gianni Infantino pour un nouveau mandat à la présidence de la FIFA. L’instance belge justifie sa position par deux affaires récentes qu’elle juge fondamentales : le projet «FIFA Forward Enterprise» et le dossier toujours en cours concernant le carton rouge infligé à Folarin Balogun lors de la Coupe du monde. Dans un communiqué publié lundi en fin de matinée, la RBFA estime que le président de la FIFA n’a pas fait preuve d’une transparence suffisante dans ces deux dossiers.
La Belgique s’interroge sur le projet FIFA Forward Enterprise
La première affaire évoquée par la Fédération belge concerne la «FIFA Forward Enterprise» (FFE), une filiale que Gianni Infantino envisageait de créer afin de regrouper les opérations commerciales des compétitions organisées par la FIFA, notamment la Coupe du monde. Cette structure aurait également été ouverte à des investissements privés, sans consultation préalable selon les critiques formulées autour du projet.
La RBFA estime que plusieurs zones d’ombre persistent concernant le processus décisionnel. «La RBFA constate que, sur ce sujet, plusieurs décisions et évaluations importantes n’ont, à ce jour, pas été suffisamment étayées par des justifications adéquates. Cela soulève des questions quant à la transparence et à la gouvernance de ce processus. Nous restons en contact étroit avec l’UEFA et, ensemble, nous recherchons des réponses claires concernant le processus décisionnel et les prochaines étapes», peut-on lire dans le communiqué.
L’affaire Balogun au cœur des tensions
La deuxième affaire concerne directement la Fédération belge : le carton rouge infligé à Folarin Balogun lors du Championnat du monde. La RBFA affirme avoir demandé des explications précises à la FIFA, sans obtenir, à ses yeux, de réponses satisfaisantes. «Dans l’affaire en cours concernant le carton rouge infligé à Folarin Balogun lors du Championnat du monde, dans laquelle la RBFA est directement impliquée, d’importantes questions restent sans réponse, à notre avis. Malgré nos demandes explicites d’une justification claire des décisions prises et de précisions sur la manière dont de telles situations seront gérées à l’avenir, nous n’avons reçu aucune réponse satisfaisante. La RBFA réaffirme que la transparence totale et des explications claires sont essentielles», ajoute-t-elle. L’organisation belge a insisté sur la nécessité d’une gestion plus transparente des dossiers sensibles afin de préserver la crédibilité des institutions du football international. «Il est essentiel que des cas comme celui-ci soient gérés de manière transparente et rigoureuse, dans le meilleur intérêt de la FIFA, de la bonne gouvernance et de la crédibilité du football international, avec des garanties claires pour l’avenir.»
«Nos questions restent sans réponse»
La présidente de la RBFA, Pascale Van Damme, n’a pas caché son impatience face à l’absence de réponses de la FIFA dans l’affaire Balogun. Elle assure que la Fédération belge a pourtant tenté d’obtenir des éclaircissements de manière constructive. «Mon équipe a communiqué avec la FIFA de manière posée et constructive, pendant et après la Coupe du monde, afin d’obtenir des éclaircissements sur l’affaire Balogun. Deux mois après les faits, force est de constater que nos questions restent sans réponse.»
La dirigeante belge a également insisté sur la nécessité de revoir certains processus afin d’éviter que de telles situations ne se reproduisent à l’avenir. «Compte tenu de l’importance de la transparence et de la clarté pour toutes les parties concernées, nous avons demandé les explications nécessaires et, dans le même temps, nous entendons examiner les améliorations possibles des processus actuels afin que des cas similaires puissent être gérés de manière claire, cohérente et efficace à l’avenir», a-t-elle souligné.
La RBFA assure néanmoins rester ouverte à une collaboration avec les différentes instances du football, à condition que la transparence et la bonne gouvernance soient placées au centre des décisions. «Avec l’UEFA, les autres confédérations et les fédérations nationales, nous restons attachés à la transparence dans la prise de décision, à une gouvernance solide et à des procédures claires. Nous restons ouverts à une coopération constructive, dans l’intérêt de la confiance, de l’intégrité et de l’avenir du football», a-t-elle ajouté.
Infantino maintient sa candidature malgré l’opposition
La prise de position de la Fédération royale belge de football intervient moins de 24 heures après qu’un porte-parole de la FIFA a confirmé à l’AFP que Gianni Infantino se présenterait bien aux prochaines élections présidentielles, malgré les critiques et les controverses récentes. Les élections à la présidence de la FIFA sont prévues pour le 18 mars 2027, tandis que la date limite pour le dépôt des candidatures a été fixée au 18 novembre.






