La guerre est loin d’être terminée entre la FIFA et l’UEFA. Alors que le projet controversé FIFA Forward Eninvestisseursterprise (FFE) a cristallisé les tensions, les deux instances dirigeantes du football mondial et européen s’affrontent désormais devant la justice américaine. Au cœur du conflit : Gianni Infantino, Aleksander Ceferin et une opération financière estimée à 4,2 milliards de dollars.
Selon The Athletic, l’UEFA a déposé le 28 août un document juridique aux États-Unis dans lequel elle aurait notamment mis en cause Gianni Infantino au sujet d’un projet prévoyant la vente de 20 % de certaines activités commerciales de la FIFA. Le fonds d’investissement américain Thrive Eternal était associé à cette opération.
La FIFA contre-attaque
Face aux accusations européennes, la FIFA a saisi à son tour la justice américaine à New York pour demander le rejet de la procédure engagée par l’UEFA. L’instance mondiale accuse directement son homologue d’avoir lancé une campagne contre sa direction. «Si ces demandes se présentent comme des actes de procédure avec intitulés et numéros de dossier, elles ne sont guère plus que des communiqués de presse venant encore alimenter la campagne de dénigrement de l’UEFA contre la FIFA et sa direction», a dénoncé la FIFA.
L’organisation dirigée par Infantino estime également que l’opposition de l’UEFA au projet FFE répond à des considérations politiques et économiques. Elle soupçonne notamment l’instance européenne de vouloir préserver la domination du football européen. «Si le football se renforce dans le monde en développement, la concurrence mondiale augmente, ce qui réduit à terme la puissance de marché de l’UEFA et offre davantage de concurrence à ses compétitions phares», affirme la FIFA.
Le projet abandonné, la bataille continue
La FIFA conteste également la menace de possibles poursuites pénales en Suisse visant Gianni Infantino, estimant que l’UEFA ne disposerait pas de l’autorité nécessaire pour engager une telle procédure. De son côté, Joshua Kushner, dont le fonds était impliqué dans le projet, a reconnu que les acteurs de l’opération avaient sous-estimé la dimension politique du dossier. Ils «n’avaient pas su apprécier les dynamiques politiques du football mondial», a-t-il reconnu.
Le projet FIFA Forward Enterprise a finalement été abandonné, mais cette décision n’a pas mis fin au conflit. La bataille se poursuit désormais devant les tribunaux américains, avec notamment la question d’éventuelles demandes de divulgation d’informations concernant Infantino et les investisseurs associés au projet. Derrière ce dossier financier se dessine surtout un affrontement de pouvoir entre Gianni Infantino et Aleksander Ceferin. La FIFA veut renforcer son influence et ses ressources à l’échelle mondiale, tandis que l’UEFA entend préserver le poids économique et politique du football européen. Et le bras de fer entre les deux instances pourrait encore s’intensifier.







