Zidane : son incroyable témoignage sur les séquelles de son accident

Onsaitout
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Avant de devenir une légende du football français, Zinedine Zidane a connu des débuts internationaux compliqués. En 1996, le milieu des Girondins de Bordeaux disputait son premier grand tournoi avec les Bleus lors de l’Euro en Angleterre. Une compétition conclue en demi-finales face à la République tchèque, mais durant laquelle le Français n’avait jamais réellement pu montrer l’étendue de son talent.

À 24 ans, Zidane sortait pourtant d’une excellente saison avec Bordeaux, marquée notamment par une finale de Coupe UEFA. Mais quelques semaines avant l’Euro, un accident de voiture à Bordeaux avait considérablement perturbé sa préparation.

Zidane voulait «couper»

Après la compétition, le jeune meneur de jeu avait besoin de souffler. «Pendant un moment, disons mon mois de vacances, j’ai vraiment eu besoin d’évacuer tout ça. Je n’étais pas saturé de foot, j’aime trop ça pour en être saturé, mais j’étais tellement fatigué ! Et puis, j’étais aussi touché au moral, parce que l’Euro ne s’était pas passé pour moi comme je le voulais, ni comme on l’attendait de moi. Il fallait que je coupe après une très longue saison», expliquait-il à L’Équipe en août 1996. Zidane refusait toutefois de parler d’échec. Il voulait utiliser cette expérience pour progresser. «J’ai essayé de positiver, de me dire que cette première grande compétition qui s’était mal passée pour moi me fera du bien pour plus tard, qu’elle m’a préparé à la Coupe du monde. Je n’étais pas prêt, il fallait être plus costaud que ça, c’est tout.»

Un accident qui avait laissé des traces

Le véritable problème était surtout physique. Trois mois après son accident, Zidane souffrait encore de douleurs persistantes à la cuisse, mais avait choisi de ne pas s’en servir comme excuse. «Oui, j’en suis persuadé, mais je ne veux pas chercher d’excuses. Après tout, si c’est aussi clair aujourd’hui, je n’avais qu’à le dire avant les matches. Mais moi, avant les matches, j’avais envie de jouer, de passer au-dessus de tout ça», racontait-il. «Et dans certains matches comme la Bulgarie (3-1), je me suis bien senti. Je me disais alors que ça irait de mieux en mieux. Mais je ne veux pas chercher d’excuses. Simplement, trois mois après l’accident, j’ai encore mal derrière la cuisse, et c’est une réalité que je n’invente pas. Là, je m’aperçois que j’ai été vraiment touché.»

Le journaliste Vincent Duluc avait lui aussi constaté les conséquences du choc. Selon lui, Zidane avait disputé l’Euro diminué : «Je pouvais voir Zidane comme ça, assez librement, et je l’avais vu peu de temps après son accident de voiture à Bordeaux, juste avant l’Euro 96. Et en fait, il grimaçait complètement. Il m’avait montré le haut de sa cuisse, il était complètement bleu, vert. Il avait cassé son levier de vitesse dans les rues de Bordeaux avec ses fesses et je pense qu’il a joué à 60, 70% de ses qualités à l’Euro 96 et qu’on n’a pas vu le vrai Zidane. Le vrai Zidane aurait peut-être pu exploser deux ans plus tôt sans cet accident de voiture un petit peu avant de partir à l’Euro.»

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