José Mourinho a fait une révélation forte sur son retour au Real Madrid. Dans une interview accordée au podcast GR8 Tech «Bet it drives show», l’entraîneur portugais a expliqué pourquoi il n’avait pas hésité à quitter Benfica malgré son bonheur au Portugal pour retrouver le club madrilène.
«Le Real Madrid, c’est le Real Madrid»
Le technicien de 68 ans assure notamment que la manière dont les dirigeants du Real Madrid l’ont approché a joué un rôle déterminant dans sa décision. «Je suis revenu parce que le club le souhaitait, mais la manière dont ils m’ont approché a également influencé ma décision. J’ai quitté le Real Madrid en 2013, si je ne m’abuse, et depuis, nous avons toujours entretenu des relations étroites.», a expliqué Mourinho. L’ancien entraîneur du Real Madrid assure avoir toujours conservé de bonnes relations avec le club : «Je suis parti en excellents termes avec le club, le président et la direction. C’est pourquoi nous sommes toujours restés en contact.»
Puis, à la fin de la saison dernière, le Real Madrid lui aurait clairement présenté sa mission : «À la fin de la saison dernière, le club m’a contacté. Ils m’ont dit : « On te connaît, tu nous connais, tu connais le club, sa culture et ses membres. On sait comment tu travailles. On veut que tu reconstruises l’équipe. On a besoin de toi. On a besoin que tu reconstruises et que tu lances une nouvelle décennie prodigieuse, à l’image de celle qu’a connue le club. On a besoin de toi, on a besoin de quelqu’un avec ton profil ».» Mourinho était pourtant très heureux à Benfica : «J’étais heureux à Benfica, heureux au Portugal. J’avais quitté mon pays il y a tant d’années qu’en revenant à Benfica, je me sentais très à l’aise. Mais le Real Madrid, c’est le Real Madrid.» Le Portugais assure aujourd’hui être particulièrement motivé par ce nouveau défi : «Tout le monde au club a compris que mon retour représentait une formidable opportunité. Alors, une fois de plus, nous avons quitté le Portugal en bons termes ; je ne pourrais pas être plus heureux ni plus motivé qu’aujourd’hui.»
Mourinho réclame de l’ambition… mais du réalisme
Le nouvel entraîneur madrilène a également détaillé sa philosophie concernant les objectifs à fixer à un grand club. «J’aime avoir de grandes ambitions, mais toujours garder les pieds sur terre. Dans certains clubs, j’ai eu le sentiment qu’on manquait de réalisme. Je veux dépasser les objectifs. Je ne veux pas d’objectifs modestes, mais réalistes. Vu le succès que j’ai connu tout au long de ma carrière grâce à des objectifs ambitieux, j’ai eu l’impression que certains se disaient : « À cause de lui, on peut se permettre de fixer des objectifs irréalistes ».», a-t-il expliqué. Pour Mourinho, les ambitions doivent toutefois être accompagnées de talent et d’organisation. «Mais dans le football, il n’y a pas de miracles, et je pense que c’est le cas dans tous les domaines. Il y a le talent, l’esprit d’équipe, l’ambition et l’empathie ; il faut jouer avec ambition, mais avec une ambition réaliste. Le Real Madrid est un club où, naturellement, on aspire aux plus grands objectifs, mais où le talent et l’organisation sont à la hauteur de ces aspirations», a-t-il poursuivi.
«Le football est un mode de vie»
Mourinho a ensuite livré une vision particulièrement exigeante de la carrière d’un footballeur. Pour lui, un joueur de haut niveau doit adopter une discipline permanente, y compris en dehors du terrain. «Vous êtes footballeur 24 heures sur 24. C’est le principe. Vous vous entraînez deux ou trois heures par jour, mais vous êtes footballeur 24 heures sur 24. Tout a donc un impact sur votre travail : ce que vous mangez en dehors du club, ce que vous buvez, comment vous dormez, et même certains aspects de votre vie privée. Malheureusement, un footballeur ne peut pas skier ni faire du vélo. S’ils le font, et certains le font en cachette… Le contrat ne m’intéresse pas. Ce qui m’intéresse, c’est votre approche du travail. Si vous tombez de vélo, vous risquez de rater trois matchs, ou pire : vous pourriez vous casser une jambe ou avoir une contusion qui vous empêcherait de jouer au plus haut niveau. Vous avez un groupe d’amis, vous êtes jeune, célibataire, vous avez 22 ou 23 ans. Vos amis vont en boîte les mercredis, jeudis et vendredis soirs, mais vous, vous ne pouvez pas. Vous ne pouvez sortir que le lendemain du match, à condition de ne pas avoir un autre match dans les trois jours, ce qui peut arriver», a-t-il déclaré.
Le Portugais estime que cette exigence implique nécessairement certains sacrifices : «Il faut renoncer à beaucoup de choses pour être footballeur. Mais au final, la carrière est courte. Vers 35 ans, on a encore de nombreuses années devant soi pour profiter de la vie autrement. Le football, par essence, n’est pas un métier, c’est un mode de vie. Si on le considère comme un simple passe-temps, c’est fini. Si on ne se voit footballeur que quelques heures par jour, on n’atteindra jamais le sommet. C’est un véritable mode de vie. J’ai vu récemment un documentaire sur Rafa Nadal. Bien sûr, ce n’est pas un footballeur. C’est, sans aucun doute, un sportif exceptionnel. Les sacrifices qu’il a consentis pour réussir sont impressionnants. Au final, il y a toujours un lien entre ce qu’on accomplit et ce qu’on donne pour y parvenir.»
Mourinho laisse aussi une place à l’instinct
Malgré son goût pour la discipline et la préparation, Mourinho explique qu’il apprécie également lorsque ses joueurs prennent des initiatives sur le terrain. «Il y a règles et règles. Certaines sont non négociables. Et d’autres, j’adore quand les joueurs les enfreignent. Je m’explique : si vous devez être là à neuf heures pile, il est neuf heures pour tout le monde. Et si vous arrivez à neuf heures et quart, même une superstar, c’est tout simplement impossible. Je n’accepte pas, je ne tolère pas qu’on enfreigne cette règle élémentaire. Mais pendant le match, si un joueur, grâce à son talent, sa créativité ou son intuition, enfreint la règle et prend le risque de tenter quelque chose de différent, je fais de même. Je prépare le match avec mes assistants et mes analystes, on essaie de minimiser l’imprévisibilité. J’essaie d’établir un plan : «Voilà comment ça va se passer. Si on gagne, je fais ceci ; si on perd, je fais cela.»» Mais quand vient le moment du match, je ne pense ni aux analystes ni aux assistants. Je me fie simplement à mon intuition et j’agis en conséquence ; je le fais. Et si, au final, le résultat n’est pas celui que j’attendais, je ne… Je me sens coupable parce que je l’ai fait pour l’équipe. Je l’ai fait parce que je sentais que c’était la meilleure chose à faire. Alors, quand on enfreint les règles de cette façon, disons, en prenant un petit risque avec la structure ou l’idée originale, et qu’on le fait guidé par son intuition… parfois, on a même l’impression d’avoir reçu une inspiration divine. Ça m’est arrivé plusieurs fois. Après le match, je commence à réfléchir à ce que j’ai fait et, quand le résultat est extraordinaire, on se dit : «Waouh, c’est le destin qui m’a inspiré.» C’est pourquoi j’ai encore plus confiance dans le joueur sur le terrain», a-t-il confié.






