Nouveau revers judiciaire pour Donald Trump. Une juge fédérale américaine a déclaré illégal, vendredi 21 août 2026, le gel des procédures de visas permettant à certains ressortissants étrangers de s’installer durablement aux États-Unis. La mesure, mise en place par l’administration Trump en janvier dernier, concernait des demandeurs originaires de 75 pays.
Dans sa décision, la juge Jeannette Vargas, du tribunal fédéral de New York, a estimé que cette politique était «contraire à la loi». Elle a également considéré qu’elle avait été prise «au-delà des pouvoirs légaux conférés au secrétaire d’État», Marco Rubio.
Une mesure appliquée depuis janvier
Le gel concernait les visas d’immigration, qui permettent de résider de manière permanente aux États-Unis, et non les visas non-immigrants destinés aux séjours temporaires. Depuis le 21 janvier, les agents consulaires américains avaient reçu pour instruction de suspendre ou de refuser certaines demandes provenant de ressortissants des pays concernés. Parmi eux figuraient notamment l’Afghanistan, le Brésil, la Russie, l’Iran, l’Irak, l’Égypte, le Nigeria, la Somalie et le Yémen.
Selon les documents examinés par la justice, le département d’État considérait que les ressortissants de ces pays présentaient «un risque élevé de recourir aux prestations sociales ou de devenir une charge pour les finances publiques». La politique allait toutefois plus loin : les agents consulaires pouvaient refuser un visa même lorsqu’ils estimaient que le demandeur ne représentait probablement pas une charge pour les finances publiques et remplissait par ailleurs les autres conditions nécessaires. La décision rendue vendredi remet donc en cause les refus de visas fondés uniquement sur cette politique.
Un nouveau revers judiciaire pour Donald Trump
Cette décision intervient alors que plusieurs mesures de la politique migratoire de Donald Trump ont déjà été contestées devant les tribunaux américains. Depuis son retour à la Maison-Blanche, le président américain a fait de la lutte contre l’immigration clandestine l’une de ses principales priorités. Son administration a renforcé les expulsions d’immigrés en situation irrégulière et durci parallèlement les conditions d’entrée légale aux États-Unis. Mais plusieurs de ces initiatives ont rencontré une forte opposition devant la justice.
Début juin, un juge fédéral avait notamment annulé les frais de 100 000 dollars imposés pour certains visas de travail très utilisés dans le secteur technologique. Fin juin, la Cour suprême avait également suspendu les effets d’un décret visant à remettre en cause le droit du sol pour certains enfants nés aux États-Unis de parents immigrés.
Une mesure qui concernait de nombreux pays
La liste communiquée pour cette politique comprenait notamment des pays d’Afrique, d’Asie, d’Amérique latine, du Moyen-Orient et d’Europe. Parmi les pays concernés figuraient notamment l’Afghanistan, Albanie, Algérie, Antigua et Barbuda, Arménie, Azerbaïdjan, Bahamas, Bangladesh, Barbades, Biélorussie, Belize, Bhoutan, Bosnie-Herzégovine, Brésil, Birmanie, Cambodge, Cameroun, Cap-Vert, Colombie, Congo, Côte d’Ivoire, Cuba, Dominique, Egypte, Eritrée, Ethiopie, Fiji, Gambie, Géorgie, Ghana, Grenade, Guatemala, Guinée, Haiti, Iran, Irak, Jamaïque, Jordanie, Kazakhstan, Kosovo, Koweit, Kirghizistan, Laos, Liban, Liberia, Libya, Moldavie, Mongolie, Montenegro, Maroc, Népal, Nicaragua, Nigeria, Macédoine du Nord, Pakistan, RDC, Russie, Rwanda, Saint Kitts et Nevis, Sainte Lucie, Saint Vincent et les Grenadines, Sénégal, Sierra Leone, Somalié, Soudan du Sud, Soudan, Syrie, Tanzanie, Thaïlande, Togo, Tunisie, Ouganda, Uruguay, Ouzbékistan et le Yémen.









