Aleksander Ceferin a finalement décidé de poursuivre son aventure à la tête de l’UEFA. Le président de l’instance européenne a annoncé, ce jeudi 8 octobre, qu’il briguerait un dernier mandat, après avoir accepté la demande unanime des 55 associations nationales membres. Cette décision intervient dans un contexte de tensions autour de la gouvernance du football mondial, alors que l’UEFA souhaite également revoir en profondeur le fonctionnement de la FIFA dirigée par Gianni Infantino.
Réunis à Berlin avec les présidents et secrétaires généraux des 55 fédérations européennes, les dirigeants ont notamment discuté de l’avenir de l’instance continentale et des réformes nécessaires au sein du football international. Aleksander Ceferin a confirmé qu’il serait candidat à sa succession lors du 51e Congrès ordinaire de l’UEFA, prévu le 22 avril 2027 à Astana, au Kazakhstan. Le dirigeant slovène avait pourtant annoncé auparavant qu’il ne souhaitait pas se représenter. «Je tiens à remercier les associations nationales pour leur confiance. Ces dernières années, nous avons dû relever des défis extraordinaires, et nous les avons affrontés ensemble. Il reste encore beaucoup à faire, et c’est pourquoi j’ai accepté cette demande. Mon ambition demeure inchangée : préserver l’unité du football européen, renforcer notre sport et préparer l’UEFA à la relève», a déclaré Ceferin.
L’UEFA réclame une réforme profonde de la FIFA
Au-delà de la candidature de Ceferin, la réunion de Berlin a mis en lumière les désaccords entre les fédérations européennes et la direction actuelle de la FIFA. Selon les éléments présentés dans le document adopté à l’issue des discussions, les associations européennes, à l’exception de l’Azerbaïdjan, ont exprimé leur perte de confiance dans la gouvernance de l’instance mondiale. Pour ces fédérations, une simple réforme institutionnelle ne suffirait pas. Elles réclament une direction capable de rassembler les différentes composantes du football mondial, tout en garantissant davantage d’intégrité, d’indépendance et de transparence.
Les propositions portent notamment sur une séparation plus claire des pouvoirs entre le Congrès, le Conseil, le Bureau, le président et le secrétaire général de la FIFA. L’UEFA souhaite également renforcer le rôle du Conseil et protéger davantage les organes chargés de l’éthique, de la discipline, de l’audit et de la conformité. Les Européens veulent par ailleurs limiter les décisions unilatérales concernant le calendrier international et les compétitions de la FIFA. Ils demandent aussi que les associations membres puissent soumettre directement certains sujets à l’ordre du jour du Conseil, afin de renforcer la consultation et le contrôle des décisions majeures.
Les financements de la FIFA également dans le viseur
La réforme souhaitée par l’UEFA concerne également la gestion des ressources financières de la FIFA. Les fédérations européennes demandent notamment que les financements du programme FIFA Forward, destinés au développement du football dans les associations membres, soient protégés. L’objectif affiché est de garantir que les ressources de l’instance mondiale servent exclusivement des objectifs liés au football, plutôt que des intérêts personnels ou électoraux. Ces revendications traduisent la volonté des dirigeants européens d’obtenir des garanties supplémentaires sur la gestion et la répartition des moyens financiers. Cette offensive institutionnelle intervient alors que Gianni Infantino prépare sa candidature à un nouveau mandat à la tête de la FIFA. Le président italo-suisse peut notamment compter sur le soutien annoncé des fédérations africaines, un élément important dans les rapports de force au sein du football mondial.
Patrice Motsepe réaffirme le soutien de l’Afrique à Infantino
Alors que l’UEFA demande des changements dans la gouvernance de la FIFA, la Confédération africaine de football (CAF) a affiché son soutien à Gianni Infantino. Lors de l’Assemblée générale de l’instance continentale, son président, Patrice Motsepe, a publiquement défendu le dirigeant de la FIFA et invité les participants à se lever pour l’applaudir. Le responsable sud-africain a rappelé que les associations africaines avaient adopté une résolution en faveur d’Infantino et qu’elles entendaient maintenir cette position lors des prochaines élections.
«Quand on m’a demandé il y a quelques mois pourquoi l’Afrique soutenait Gianni Infantino, nous avons adopté une résolution à l’unanimité. Que nous le soutenons et nous le soutiendrons lors des prochaines élections. Je veux que vous vous leviez tous. Tous. Pour applaudir Gianni Infantino», a déclaré Motsepe. Le président de la CAF a également répondu aux critiques visant les dirigeants du football mondial. Selon lui, les personnes disposant d’éléments susceptibles de mettre en cause Infantino ou d’autres responsables doivent saisir les instances compétentes. «Si quelqu’un a des accusations ou des allégations contre Infantino, moi ou d’autres présidents, allez voir la commission d’enquête de la FIFA. C’est pour ça que ces instances existent», a-t-il insisté.






