Le départ de Cristiano Ronaldo du rassemblement du Portugal continue de provoquer de nombreuses réactions. Au-delà de l’aspect sportif, cette crise pourrait également avoir des conséquences économiques pour la Fédération portugaise de football (FPF), selon l’expert en image de marque Carlos Coelho.
Interrogé par l’agence Lusa, le président du cabinet de conseil Ivity Brand Corp estime que la situation représente une «immense perte de valeur» pour la FPF. Il critique notamment la manière dont le dossier a été géré et estime que l’absence de Ronaldo pourrait affecter directement l’attractivité commerciale de la sélection.
«L’enjeu, c’est la dévaluation d’une marque»
Pour Carlos Coelho, le départ de Ronaldo ne menace évidemment pas l’existence de l’équipe nationale, mais son impact sur la marque Portugal pourrait être important. «Ce n’est pas un séisme au sens où l’équipe nationale s’effondre ; elle ne disparaîtra pas, elle continuera d’exister, elle jouera et, si Dieu le veut, elle gagnera. L’enjeu n’est pas là ; l’enjeu, c’est la dévaluation d’une marque. Du jour au lendemain, elle perd l’un de ses atouts», explique-t-il. L’expert ajoute : «Des centaines de millions de personnes dans le monde regardent le Portugal jouer uniquement grâce à Cristiano Ronaldo ; peu leur importe qu’ils gagnent ou qu’ils perdent.» Cette situation pourrait également interpeller les sponsors de la Fédération. «Mettez-vous à la place d’un sponsor qui a signé un contrat en espérant associer sa marque à ces atouts. Il a largement de quoi affirmer que les attentes ont changé et exiger des réunions, voire résilier les contrats», prévient Carlos Coelho.
Une comparaison avec Al-Nassr
Pour illustrer son analyse, le consultant évoque le déplacement d’Al-Nassr en Chine, marqué par l’absence de Cristiano Ronaldo et une forte baisse de l’affluence, selon les chiffres qu’il cite. Il estime que le rayonnement international de la sélection portugaise pourrait lui aussi subir un «revers très important». Carlos Coelho critique également la gestion de la situation autour du capitaine portugais. «Le plus grand atout que le football portugais ait jamais connu mérite respect et considération. À 41 ans, on ne peut le gérer, ni sur le plan sportif ni en matière de communication, comme un jeune de 17 ans», affirme-t-il. Selon lui, une solution diplomatique pourrait limiter les conséquences de la crise. «Il est impossible de résoudre ce problème de manière satisfaisante, car seul le peuple portugais est concerné. La seule façon d’en atténuer les conséquences est de trouver une place pour Cristiano Ronaldo au sein de l’équipe nationale – pas forcément sur le terrain, mais certainement pas sur le banc – par le biais d’une solution diplomatique qui rende hommage au rôle qu’il a joué pendant 20 ans au service du pays», estime-t-il.
La marque Ronaldo, elle, reste puissante
Carlos Coelho distingue toutefois l’impact sur la FPF de celui concernant l’image personnelle de Cristiano Ronaldo. «La marque Ronaldo ne faiblit pas. Elle a même bénéficié d’un coup de pouce, s’est retrouvée en tête des médias internationaux et a fait la une des journaux du monde entier», affirme-t-il. Il ajoute que la principale conséquence concerne surtout le marché portugais, tout en présentant Ronaldo comme «un ambassadeur informel dont l’influence diplomatique et économique dépasse celle de n’importe quelle campagne menée dans le pays». Cette analyse rejoint celle de Daniel Sá, PDG de l’Institut portugais d’administration du marketing (IPAM), qui a décrit Ronaldo comme «la plus grande marque que le Portugal ait jamais eue» et appelé la FPF à préparer une stratégie de transition. Cristiano Ronaldo a quitté le rassemblement du Portugal mercredi, après une période de tensions avec le sélectionneur Jorge Jesus. La Fédération portugaise de football a confirmé son départ, tandis que le joueur a indiqué qu’il révélerait «en temps voulu» les raisons de sa décision.






