Barça : les confidences de Quique Setién sur Messi et les tensions du vestiaire

On sait tout
11 Min Lecture

Quique Setién est revenu sur une période particulièrement marquante de sa carrière. Dans un entretien accordé au podcast «Qui marque gagne», relayé par Sport, l’ancien entraîneur du FC Barcelone a évoqué ses difficultés en Catalogne, sa relation avec Lionel Messi et les tensions rencontrées au sein du vestiaire. Il a également révélé qu’il était tout proche de rejoindre un club égyptien avant que le Barça ne bouleverse ses plans en quelques jours. Enfin, le technicien espagnol a livré une réflexion sur la compréhension du jeu, affirmant avoir entraîné des joueurs très chers qui ne maîtrisaient pas toujours les subtilités tactiques du football.

Quique Setién ne s’est jamais senti lui-même au Barça

Nommé entraîneur du FC Barcelone en janvier 2020, Quique Setién garde un souvenir contrasté de son expérience en Catalogne. L’ancien technicien du Real Betis reconnaît qu’il n’a jamais réussi à s’exprimer pleinement dans son nouvel environnement, contrairement à ce qu’il avait connu lors de ses précédentes expériences. «Je n’ai pas été moi-même au Barça, soit je n’ai pas pu l’être, soit je n’ai pas su comment le faire. Voilà la réponse. Je n’ai pas été moi-même parce que je ne suis pas comme ça. J’avais une certaine personnalité, et quand je regarde mes photos de cette période, je ne me reconnais pas», a-t-il confié. L’entraîneur a notamment comparé cette expérience à son passage au Real Betis, où les relations humaines au sein du vestiaire lui avaient laissé un souvenir particulièrement positif. «Je venais du Real Betis, et il est vrai que j’ai quitté le club dans un contexte de nombreuses demandes de mon départ, mais le quotidien à l’intérieur du vestiaire était exceptionnel», a-t-il expliqué. La pandémie de coronavirus a également compliqué son passage au Barça. Malgré les difficultés rencontrées et le contexte particulier de cette période, Setién assure toutefois ne jamais avoir regretté d’avoir accepté l’offre du club catalan.

Lionel Messi, un joueur qu’il admirait depuis des années

Au cours de son entretien, Quique Setién a également évoqué Lionel Messi. L’ancien entraîneur du Barça a révélé qu’il avait personnellement confié à l’Argentin le plaisir qu’il avait éprouvé à suivre ses performances pendant une grande partie de sa carrière. «J’ai dit un jour à Messi : j’ai passé 14 ans de ma vie à attendre les matchs du Barça pour pouvoir te regarder jouer», a-t-il raconté.

Il était sur le point de rejoindre un club égyptien

L’une des révélations les plus surprenantes de cet entretien concerne les circonstances de son arrivée au FC Barcelone. Avant de rejoindre la Catalogne, Quique Setién était sur le point d’accepter une proposition financière particulièrement importante pour entraîner un club en Égypte. À cette époque, l’entraîneur était sans club après avoir traversé un problème de santé qui l’avait conduit à refuser plusieurs propositions. Il a alors été approché par un homme d’affaires intéressé par le rachat d’un club égyptien. «On m’a proposé une somme d’argent absolument colossale», a-t-il révélé.

Séduit par cette perspective, Setién avait commencé à préparer son départ avec son staff technique. Il envisageait une mission de quelques mois, avec l’objectif de qualifier l’équipe pour la Ligue des champions africaine. «J’allais vraiment y aller, car cela s’est produit juste après que j’ai surmonté le problème de santé que j’avais traversé, et cela me semblait une excellente occasion de reprendre le travail d’entraîneur. J’ai appelé les membres de mon staff technique, et j’ai appelé à la maison pour leur dire que nous allions partir en Égypte pour quelques mois, jusqu’à la fin de la saison», a-t-il expliqué. Le projet était déjà bien avancé. Un jet privé avait même été loué pour permettre à l’entraîneur et à ses collaborateurs de rejoindre leur destination. «L’équipe occupait la huitième ou la septième place, et nous devions nous qualifier pour la Ligue des champions d’Afrique. Et je me suis dit : d’accord, cinq mois en Égypte avec l’une de ces équipes, ce serait une expérience remarquable. Nous avions même déjà un avion prêt, un jet privé loué pour nous y rendre. Nous avions déjà signé, non pas le contrat définitif, mais le contrat avait été préparé et entièrement rédigé», a-t-il précisé. «Ils m’appelaient et me disaient : ne va pas en Égypte, car tu pourrais signer un contrat avec le Barça. Et je leur répondais : mais comment vais-je signer au Barça ? Et qu’ai-je même fait pour prendre en charge l’entraînement du Barça ? Trois jours plus tard, ils m’ont appelé et m’ont dit : prépare-toi et prends l’avion, car tu vas signer un contrat avec le Barça ce soir. C’est alors que je suis parti à Barcelone et que j’ai signé pour le club. Quand tu signes au Barça, tu arrives là-bas et tu découvres que c’est le seul endroit où tu n’as rien à faire.»

Le Barça a tout changé en quelques jours

Finalement, l’opération de rachat du club égyptien a échoué après la découverte de problèmes lors des vérifications préalables. Pendant ce temps, l’entourage de Setién l’encourageait à patienter, convaincu qu’une possibilité de rejoindre le FC Barcelone pouvait se présenter. L’entraîneur, lui, avait du mal à croire à cette éventualité. «Ils m’appelaient et me disaient : ne va pas en Égypte, car tu pourrais signer un contrat avec le Barça. Et je leur répondais : mais comment vais-je signer au Barça ? Et qu’ai-je même fait pour prendre en charge l’entraînement du Barça ?», s’est-il souvenu. Les événements se sont ensuite accélérés. Quelques jours après l’échec du projet égyptien, Setién a reçu un appel lui annonçant qu’il devait se préparer à rejoindre Barcelone. «Trois jours plus tard, ils m’ont appelé et m’ont dit : prépare-toi et prends l’avion, car tu vas signer un contrat avec le Barça ce soir. C’est alors que je suis parti à Barcelone et que j’ai signé pour le club. Quand tu signes au Barça, tu arrives là-bas et tu découvres que c’est le seul endroit où tu n’as rien à faire», a-t-il raconté.

Eder Sarabia et les tensions au sein du vestiaire

Quique Setién est également revenu sur la polémique provoquée par Eder Sarabia, son adjoint à l’époque. Lors d’un Clasico disputé au Santiago-Bernabéu, les caméras avaient capté des images de Sarabia critiquant vivement certains joueurs du Barça. La séquence avait suscité de nombreuses réactions et compliqué les relations au sein du vestiaire. Setién reconnaît que le manque d’expérience de son adjoint et son tempérament ont contribué à cette situation. «Il est vrai que le manque d’expérience et la nature du caractère peuvent parfois te pousser dans des situations que tu ne parviens pas à contrôler, et dans lesquelles tu n’as pas conscience de l’endroit où tu te trouves. Cette situation était complexe, et elle a été maîtrisée, mais certaines choses restent en suspens, et c’est tout à fait normal», a-t-il expliqué. Malgré cet épisode, l’ancien entraîneur du Barça a défendu leur collaboration. Il affirme avoir régulièrement échangé avec Sarabia sur les questions tactiques et avoir tenté de lui transmettre une leçon importante pour la suite de sa carrière. «Je lui disais : tu deviendras entraîneur un jour, et tu devras accepter des choses qui ne te plaisent pas, aussi convaincu que tu sois de ton opinion, et c’est quelque chose par lequel nous sommes tous passés», a-t-il confié.

- Publicité-

«J’ai déjà entraîné des joueurs valant 80 millions d’euros qui ne comprenaient pas le football»

Enfin, Quique Setién a livré l’une des déclarations les plus marquantes de l’entretien en évoquant le rapport entre la valeur marchande d’un joueur et sa compréhension du jeu. «J’ai déjà entraîné des joueurs valant 80 millions d’euros qui ne comprenaient pas le football», a-t-il lancé. Sans révéler l’identité du joueur auquel il faisait référence dans son exemple, l’Espagnol a expliqué comment il utilisait l’analyse vidéo pour améliorer la lecture tactique de ses joueurs. Son approche consistait à revoir avec eux des séquences de match, à leur demander d’expliquer leurs choix, puis à examiner les autres solutions possibles. «Je me souviens que je travaillais avec l’un des joueurs du Barça, je m’asseyais avec lui et je lui montrais des séquences de sa performance durant le match», a-t-il raconté. Setién commençait par interroger le joueur sur ses souvenirs de l’action et sur les intentions qui avaient guidé sa décision. Il lui montrait ensuite les images afin de comparer sa perception initiale avec la réalité du terrain. «Je lui demandais : te souviens-tu de cette action ? Il désignait un élément, puis je lui demandais : qu’as-tu fait là ? Et il me répondait : là, j’ai tenté de prendre un risque, et là, j’ai fait ceci et cela. Alors je lui disais : d’accord, regardons maintenant la séquence», a-t-il détaillé.

L’objectif était ensuite de lui faire comprendre quelles autres options auraient pu être exploitées. Pour Setién, un simple contrôle ou une mauvaise orientation du corps peut modifier complètement le déroulement d’une action. «Vous pouvez trouver une équipe qui dispose d’une supériorité numérique de trois joueurs contre deux à l’attaque, puis une mauvaise touche de balle offre aux joueurs adverses le temps nécessaire pour revenir, et soudain la situation se transforme en une supériorité numérique pour l’adversaire de quatre joueurs contre trois», a-t-il expliqué. L’entraîneur estime que ce travail permet aux joueurs capables de comprendre les détails tactiques de progresser et de prendre de meilleures décisions sur le terrain. «Lorsque vous montrez de telles séquences à l’un de ces joueurs et qu’il les visionne lui-même, vous commencez à le faire réfléchir. Ensuite, vous revenez sur le terrain, et ces choses commencent à apparaître chez les joueurs qui ont la capacité de voir les détails, et c’est alors que tout se déroule avec fluidité», a-t-il conclu.

- Publicitést -
Partager cet article avec votre entourage
Aucun commentaire

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *