À quelques semaines de la cérémonie du Ballon d’Or, la campagne médiatique bat son plein. Entre les déclarations des principaux candidats et les opérations de communication lancées par certains clubs pour défendre leurs joueurs, la course au prestigieux trophée fait énormément parler.
Lamine Yamal, Kylian Mbappé, Khvicha Kvaratskhelia, Harry Kane ou encore Ousmane Dembélé sont régulièrement au centre des discussions. Mais alors que les candidats multiplient les prises de parole, plusieurs membres du jury ont accepté de dévoiler leur regard sur cette bataille médiatique.
Les jurés restent à distance
Pour attribuer le Ballon d’Or, les votants doivent notamment prendre en compte trois critères : les performances individuelles et la personnalité décisive du joueur, les performances collectives et le palmarès, ainsi que l’intégrité et le fair-play. Le jury est composé de journalistes représentant les 100 premiers pays du classement FIFA. Contactés par Le Parisien, plusieurs membres ont toutefois préféré rester anonymes.
Yazid Ouahib, journaliste algérien et membre du jury depuis 2007, a accepté de s’exprimer sur l’ambiance qui entoure cette édition 2026. Et pour lui, la multiplication des campagnes médiatiques ne change rien à son vote. «Je suis membre du jury depuis 2007, et je dois dire que nous avons assisté ces deux dernières années à des campagnes électorales comme nous n’en avions jamais vu auparavant. Tous ces entretiens, tous ces commentaires ne sont qu’une distraction qui n’influence pas mon vote. Les choses s’échauffent, mais cela ne change rien. Nous suivons ces événements de loin. Je ne peux pas parler au nom de mes collègues, mais je pense que tout cela ne devrait pas influencer leur vote. Au final, c’est une question de conscience.», a-t-il déclaré.
«Ces campagnes ne m’influencent absolument pas»
Même constat du côté d’Anders Bengtsson, représentant de la Suède au sein du jury. Le journaliste assure que les déclarations répétées des candidats ne modifient pas sa réflexion. «Ces campagnes ne m’influencent absolument pas. Il n’est pas impossible qu’elles influencent certains votants. Car si j’étais hésitant entre deux joueurs, certaines statistiques ou certains arguments pourraient peut-être faire pencher la balance en faveur de l’un d’eux. Mais cela ne se produirait que si je n’avais pas mûrement réfléchi avant de voter.», a-t-il poursuivi.
Pascal Ferré dénonce une pression médiatique
Ancien rédacteur en chef de France Football et ancien votant pour la France pendant sept ans, Pascal Ferré porte également un regard critique sur l’intensification de cette campagne. «Les membres du jury ne sont pas naïfs. Ils ont suffisamment d’expérience et de conscience pour juger et évaluer un joueur sans avoir besoin d’entendre la phrase : il est le meilleur dix ou 15 fois.», a-t-il expliqué. Pascal Ferré estime surtout que la surmédiatisation d’un candidat peut finir par produire l’effet inverse de celui recherché. «Quand je dis que le vainqueur du Ballon d’Or peut se perdre au milieu du vacarme médiatique, je le pense au moment où il domine grossièrement les discussions et donne aux membres du jury le sentiment d’être soumis à une pression. Ce tumulte orchestré par certains peut finir par déranger les votants, car il s’agit d’une manipulation évidente.», a-t-il conclu.






