Kylian Mbappé assume pleinement ses ambitions pour le Ballon d’Or 2026. Devenu cet été le meilleur buteur de l’histoire de la Coupe du monde, l’attaquant du Real Madrid estime avoir de solides arguments pour décrocher la prestigieuse récompense individuelle le 26 octobre prochain à Londres.
«Pour qui je vote ? Pour moi», a notamment lancé le capitaine de l’équipe de France dans un entretien accordé à L’Équipe. «Je peux comprendre ceux qui votent autrement, on n’est pas dans la dictature de la pensée, mais quand on regarde les arguments, la concurrence, je me dis que ce ne serait pas volé.» Le Bondynois a ensuite défendu son bilan individuel : «Être meilleur buteur de l’histoire de la Coupe du monde, passer devant toutes les plus grandes légendes de l’histoire du sport dans le tournoi le plus important que le sport ait créé, c’est quelque chose qui brûle la rétine, a appuyé Kylian Mbappé. C’est un événement mondial. Finir meilleur buteur de toutes les compétitions les plus importantes, où tous les meilleurs joueurs du monde jouent, c’est quelque chose d’important (…) Je pars du principe que l’histoire doit toujours être récompensée. J’ai l’idée que je peux le gagner cette année, donc je n’ai pas pris de recul par rapport à ça. Est-ce toujours un de mes objectifs? Oui. À court terme, en plus. C’est dans pas longtemps. Je pense que c’est un trophée individuel. On regarde ce que le joueur a fait de manière individuelle. Après, les gens disent que je n’ai pas gagné de trophée. Je n’ai jamais vu de Ballon d’or à l’unanimité, qui cochait tout à chaque fois. Personne n’a jamais gagné avec 100% des suffrages. Ça veut dire qu’il y a toujours quelqu’un qui considérait que le gagnant ne le méritait pas. À partir de ce moment-là, je ne dis pas que je vais le gagner à l’unanimité, mais je pense que j’ai des arguments.»
«Tais-toi et continue à bosser.»
Mais cette sortie médiatique est loin d’avoir convaincu tout le monde. Sur RMC, Jérôme Rothen n’a pas caché son agacement. «C’est du second degré son interview, non? C’est du premier degré, vraiment? Je vais dire ce que je pense, et je n’en ai pas pour longtemps, a commencé Jérôme Rothen dans son émission. On est le 7 septembre et tout était calculé dans sa communication, comme d’habitude… L’interview comme par hasard à quelques semaines du Ballon d’or… (…) Quand il dit: ‘Oui, certains vont penser que je suis le meilleur joueur du monde, et d’autres non’, je te rassure Kylian, il n’y a personne qui pense que tu as été le meilleur joueur du monde sur la saison dernière. Parce qu’il a mis des buts avec le Real, ça devrait suffire? Vous voulez que je vous renvoie trois ou quatre mois en arrière, quand il se faisait siffler au Bernabeu? Ce qui me dépasse dans sa communication, c’est que vendredi soir, il a été mauvais avec le Real contre le Betis (défaite 1-0, NDLR). Mais deux jours après, ce n’est pas grave, c’est oublié. Tu as perdu ton match, tu as raté un pénalty alors que le Barça roule sur tout le monde, compte déjà trois points d’avance avec 17 buts marqués, mais ce n’est pas grave. Le plus important, c’est d’être le meilleur joueur du monde, d’avoir le Ballon d’or et d’avoir brillé à la Coupe du monde (…) Bien sûr que tu dois être performant individuellement, avec des stats et tout. Mais derrière, il y a d’autres critères aussi importants. Quand tu n’as rien gagné de l’année, tais-toi. Tais-toi et continue à bosser.», a lâché l’ancien joueur du PSG.
«On a compris qu’il était en campagne»
Daniel Riolo a lui aussi vivement critiqué l’attitude du Madrilène. «On a compris qu’il était en campagne, c’est l’objectif. Le Ballon d’or est une obsession pour tous les joueurs. Encore plus qu’il y a dix ans, vingt ans. Qu’il y prétende, pourquoi pas. Si c’est arrivé cinq fois qu’un mec ait le Ballon d’or sans n’avoir rien gagné (sur une année), eh bien, ça pourrait faire une sixième fois. Je ne serais pas choqué du résultat. Mais ce qui ne me plaît pas, c’est qu’il avait fait un pas, pendant la Coupe du monde, vers le ‘jouer pour l’équipe’, collectif… Et là il s’enflamme en revenant au Real. Il écarte d’un revers de main le fait que, dans une équipe, tout le monde doit courir. Lui, il est encore dans le truc: ‘J’ai dix mecs à mon service’. Ça me dépasse», a-t-il déclaré, regrettant que Mbappé semble revenir à une approche trop individuelle. Florent Gautreau a été encore plus direct, estimant que le Français «apparaît comme un gros forceur, et comme un mec au fameux « boulard » dont tout le monde parle». Selon le journaliste, Mbappé aurait tout intérêt à adopter un profil plus discret.






