Ruben Amorim se retrouve au cœur de la tourmente à l’AC Milan. Battus 0-2 par Benfica au Stadio Giuseppe Meazza pour leur entrée en Ligue Europa 2026/27, les Rossoneri ont livré une prestation qui a suscité de nombreuses critiques. Plusieurs observateurs italiens et anciens joueurs n’ont pas épargné l’entraîneur portugais, tandis que Gerry Cardinale aurait décidé de le convoquer pour s’expliquer.
La défaite contre Benfica intervient après deux résultats nuls consécutifs en championnat, face à la Juventus (1-1) et à la Lazio (2-2). Le début de saison milanais commence donc à susciter des interrogations, malgré les victoires obtenues auparavant contre le Torino (2-1) et Venise (2-0).
Fabio Capello pointe le manque d’agressivité
Ancien joueur puis entraîneur de l’AC Milan, Fabio Capello a directement ciblé les choix de Ruben Amorim. Le technicien italien, aujourd’hui consultant pour Sky Sport, estime notamment que le Milan n’a pas suffisamment respecté les principes de pressing défendus par son entraîneur. «Si vous jouez sans Rabiot et Pulisic, mais que vous faites entrer Hutchinson et Cissé, qui ne pressent pas et ne jouent pas en profondeur, c’est difficile. Amorim parle de pressing et de récupération du ballon en attaque, mais il faut être agressif, et ce n’était pas le cas ce soir à Milan», a-t-il déclaré. Capello a également insisté sur les difficultés défensives qui accompagnent actuellement le jeu de l’équipe milanaise. «C’était là le principal problème défensif. Ils ne se sont pas qualifiés pour la Ligue des champions car ils ne savent pas défendre. Ce soir, nous l’avons encore constaté à chaque contre-attaque adverse. Ils n’arrivent pas à trouver le bon équilibre en défense», a-t-il ajouté.
«Ruben Amorim a fait la même chose à Manchester United»
Sur le plateau de l’émission «Golazo» de CBS Sports, Nigel Reo-Coker s’est montré tout aussi sévère. L’ancien joueur de West Ham et Aston Villa estime que Ruben Amorim doit désormais rapidement trouver une équipe type. «Il y a plus de questions que de réponses. On parle d’une grande soirée européenne, entre deux clubs historiques au palmarès européen prestigieux, et force est de constater que Benfica a dominé l’AC Milan. Au football, la régularité est essentielle. Actuellement, l’AC Milan manque de régularité, que ce soit dans son onze de départ ou dans ses options. Si j’étais Ruben Amorim, je dirais qu’il me faudrait d’abord trouver ma meilleure équipe et m’y tenir, car c’est la seule façon de créer une bonne alchimie. Il a fait la même chose à Manchester United», a-t-il rappelé. Reo-Coker estime également que le Portugais ne peut pas simplement invoquer le manque de temps pour expliquer les difficultés actuelles. «Il a eu une préparation d’avant-saison, il connaît la pression liée au poste d’entraîneur, surtout dans un club comme l’AC Milan. Pour moi, il est difficile de lui dire de lui accorder ceci ou cela, ou un peu plus de temps, car il a eu une préparation d’avant-saison pour observer l’équipe. Il doit apprendre à connaître les joueurs et l’équipe type», a-t-il conclu.
«L’AC Milan A aurait été battu par Benfica B»
La presse italienne s’est également montrée particulièrement critique. Sebastiano Vernazza, journaliste de la Gazzetta dello Sport, a notamment remis en cause les choix opérés par Amorim au moment de composer son équipe. «“Il était une fois à l’AC Milan” n’est malheureusement pas un film de Sergio Leone. Aujourd’hui, nous voyons une équipe qui manque même d’ingéniosité, humiliée par Benfica dès son premier match de Ligue Europa. San Siro a capitulé, les supporters se sont résignés à ce rythme effréné. Ruben Amorim a aligné une sorte d’équipe B du Milan AC, en écartant plusieurs joueurs clés du onze de départ, comme Rabiot, Pulisic, Modric, Moreira ou Gila. Le problème, c’est que Benfica, qui affrontera le FC Porto dimanche en affiche du championnat portugais, a fait de même», a-t-il constaté. Le journaliste va même plus loin dans son analyse en comparant les deux compositions. «Il a laissé plusieurs titulaires sur le banc, notamment le meilleur buteur, [Vangelis] Pavlidis, qui n’est entré en jeu qu’en fin de match. L’AC Milan B a perdu contre Benfica B, mais je crains que même l’AC Milan A n’aurait été battu par Benfica B, vu la piètre qualité de leur plan de jeu», a-t-il conclu.
Gerry Cardinale convoque Amorim
Face à cette accumulation de critiques, la situation de Ruben Amorim commence forcément à attirer l’attention. Selon plusieurs médias italiens, dont Calciomercato, «Gerry Cardinale aurait convoqué l’entraîneur portugais pour une réunion ce jeudi afin de faire le point sur le début de saison. Le poste de Ruben Amorim ne serait toutefois pas directement menacé à ce stade. Le propriétaire de l’AC Milan souhaiterait surtout obtenir des explications sur plusieurs éléments, notamment les choix tactiques et les compositions d’équipe. Les derniers résultats auraient renforcé les interrogations de la direction». Après les nuls contre la Juventus et la Lazio, la défaite face à Benfica aurait accentué le malaise autour du groupe. Les supporters ont eux aussi manifesté leur mécontentement, avec des huées entendues à la mi-temps et au coup de sifflet final.
Une tension autour du mercato
Un autre sujet pourrait également être abordé lors de cette réunion : les déclarations de Ruben Amorim concernant son effectif. Le Portugais avait notamment expliqué ne pas disposer de tous les joueurs nécessaires pour mettre en place le système qu’il souhaitait. Cette sortie aurait particulièrement déplu à Gerry Cardinale, d’autant que l’entraîneur avait attribué quelques semaines plus tôt la note de 10/10 au travail réalisé par sa direction lors du mercato. L’AC Milan a investi plus de 150 millions d’euros durant l’intersaison, avec notamment les arrivées de Gonçalo Ramos en provenance du Paris Saint-Germain et de Diego Moreira depuis Strasbourg. La direction attend donc désormais que ces investissements se traduisent rapidement sur le terrain.
Amorim toujours soutenu, mais sous surveillance
Ruben Amorim conserve pour l’instant la confiance de Gerry Cardinale et reste lié à l’AC Milan jusqu’en juin 2029. Mais ce soutien s’accompagne désormais d’attentes plus fortes. Le technicien portugais devra rapidement redresser la situation et retrouver la dynamique qui avait permis au Milan de battre le Torino et Venise en début de saison. Après la défaite contre Benfica, la pression s’est nettement accentuée autour de lui. Une situation qui rappelle également les difficultés rencontrées par Michael Carrick à Manchester United. L’ancien entraîneur d’Amorim à Old Trafford a lui aussi vu la contestation augmenter après la défaite 2-3 contre Brighton, synonyme d’élimination en Coupe de la Ligue.






