Jorge Jesus a choisi de rester très discret après les révélations de Cristiano Ronaldo sur son départ du rassemblement du Portugal. Alors que le capitaine portugais a publié une longue lettre dans laquelle il livre sa version du conflit avec le sélectionneur et évoque une rupture de confiance, le technicien portugais refuse pour l’instant d’entrer dans la polémique.
«Je n’ai rien d’autre à ajouter»
À sa sortie de son domicile mercredi, Jorge Jesus a été interrogé par plusieurs journalistes au sujet du communiqué de Cristiano Ronaldo. Le sélectionneur portugais a confirmé avoir pris connaissance du message de son capitaine, tout en indiquant qu’il ne souhaitait pas répondre aux accusations formulées par le joueur. «J’ai lu le communiqué. Maintenant, comme tous les jours, je vais à la Fédération pour travailler, pour penser à l’équipe et à l’équipe nationale portugaise. Je n’ai rien d’autre à ajouter», a simplement déclaré Jorge Jesus. Ce n’était toutefois pas sa première réaction depuis la publication de la lettre. La veille au soir, à son retour de Leiria, où il avait assisté au match de l’équipe nationale des moins de 21 ans, le technicien avait déjà été sollicité par CMTV. «J’étais à Leiria pour assister au match de l’équipe nationale [des moins de 21 ans]. Je vais maintenant lire le communiqué. Je n’ai rien à ajouter», avait-il répondu.
Ronaldo accuse Jesus d’avoir rompu sa parole
Dans une lettre de six pages, Cristiano Ronaldo a livré sa propre version des événements ayant conduit à son départ du rassemblement portugais. Le joueur d’Al-Nassr affirme notamment que Jorge Jesus lui avait présenté un programme précis concernant son utilisation avec la sélection. «Comme je l’avais promis, j’ai décidé de raconter moi-même, et de manière directe, les circonstances entourant le dernier rassemblement de la sélection nationale. Après la Coupe du monde 2026, j’ai préparé une lettre destinée aux Portugais, que je conserve encore, avec les mots que je souhaite leur adresser lorsque je quitterai définitivement notre équipe. À la fin de la compétition, dès le vol de retour des États-Unis, le président de la Fédération m’a demandé, avec insistance, de reconsidérer ma décision de partir, car la FPF souhaitait que je continue. Il m’a ensuite demandé mon avis sur le sélectionneur actuel, dont il envisageait la nomination, parmi d’autres noms qu’il ne m’a pas révélés. J’ai répondu au président de la Fédération que, selon moi, ce serait le bon choix. C’est pourquoi, le jour où le sélectionneur actuel a été présenté, j’ai été sincèrement heureux de cette nomination. C’était le bon choix, comme les résultats le confirment», explique Ronaldo.
Le Portugais affirme également avoir refusé une proposition visant à ne pas participer aux déplacements en Norvège et au Danemark. «Quelques jours plus tard, le nouveau sélectionneur m’a contacté pour la première fois en me disant qu’il souhaitait me rencontrer en personne. J’ai accepté et nous avons fixé rendez-vous à la fin de mes vacances. Nous nous sommes retrouvés à la Cidade do Futebol, où mon club effectuait son stage de préparation. Ce jour-là, le sélectionneur m’a dit qu’il comptait sur moi et que ma présence était fondamentale pour son projet. Il m’a immédiatement présenté un programme pour ma participation. Il m’a dit que je jouerais le premier et le dernier match et que, pour gérer les efforts physiques, il effectuerait systématiquement trois à quatre changements par match», raconte-t-il. Ronaldo explique avoir refusé cette organisation, estimant qu’elle ne correspondait pas à son rôle de capitaine. «J’ai immédiatement refusé cette proposition. Il me semblait évident que je ne pouvais pas l’accepter. Ce n’était pas parce que je ne jouerais pas les rencontres à l’étranger que je cesserais d’assumer mon rôle de capitaine. Ce privilège de rester au Portugal n’aurait pas été un bon exemple. Le sélectionneur a finalement partagé mon analyse. Simão Coutinho, directeur sportif d’Al-Nassr, a assisté à cette conversation», poursuit le Portugais.
Le tournant après le match en Norvège
Le conflit aurait ensuite pris une autre dimension après la victoire du Portugal en Norvège. Ronaldo affirme que Jorge Jesus lui aurait demandé de se préparer à jouer une trentaine de minutes alors qu’il ne devait initialement pas entrer en jeu. «À ma grande surprise, celui-ci m’a demandé si j’étais en état de jouer trente minutes. J’étais totalement concentré sur ma récupération physique, intégré au groupe comme toujours, et je pensais que je ne jouerais pas ce jour-là. Cela ne me posait aucun problème. Cette demande sortait de mon programme de récupération physique et d’entraînement. Il m’a alors dit de me tenir prêt, car je jouerais trente minutes. La suite, tout le monde la connaît. Je me suis échauffé dès la mi-temps, j’ai vu les minutes défiler et je n’ai pas été appelé. Le sélectionneur n’avait pas tenu sa parole envers moi», écrit Ronaldo. Selon son récit, une nouvelle discussion aurait ensuite réuni Jorge Jesus, Simão Coutinho et lui-même. Les trois hommes auraient convenu que le sélectionneur devait expliquer publiquement la situation lors de sa conférence de presse. «Nous sommes tombés d’accord sur le fait qu’il n’y avait qu’une seule manière de clore cette “affaire” : que le sélectionneur répète en salle de presse ce qu’il venait de me dire en privé, en présence de Simão Coutinho», affirme Ronaldo.
Une confiance «définitivement rompue»
Cristiano Ronaldo estime cependant que les propos tenus ensuite par Jorge Jesus ne correspondaient pas à ce qui avait été convenu lors de leur discussion privée. «La conférence de presse s’est déroulée comme chacun le sait : son attitude n’avait rien à voir avec celle de notre réunion. J’ai entendu des expressions et une agressivité que je ne pense pas mériter, une posture de “je veux, je peux et je commande” qu’il n’avait absolument jamais affichée devant moi en privé, la veille», assure-t-il. Le capitaine portugais affirme alors avoir considéré que la confiance était définitivement rompue. «Aucune de ces notes ne prévoyait donc que le sélectionneur me présente des excuses. C’était la deuxième fois qu’il ne tenait pas sa parole envers moi. J’ai décidé de quitter le rassemblement sans attendre un nouveau manquement à sa parole. Pour moi, la vérité reste ce qu’il y a de plus important dans les relations entre les personnes. Même si cela fait mal, qu’on me dise la vérité», explique Ronaldo. Le joueur assure également avoir demandé au président de la Fédération portugaise de football et à Jorge Jesus de lui dire clairement s’ils ne souhaitaient plus compter sur lui. «Jamais, à aucun moment, je ne me suis immiscé dans une décision technique ou tactique d’un entraîneur ou d’un sélectionneur en presque vingt-cinq ans de carrière. J’accepte plus ou moins bien ce qu’on me propose de faire. Je respecte les décisions, mais lorsqu’on ne tient pas sa parole envers moi, je sens que ma place n’est plus là», ajoute-t-il.
Ronaldo reconnaît son erreur
Malgré ses critiques envers Jorge Jesus, Cristiano Ronaldo reconnaît avoir commis une erreur en quittant le rassemblement avant le match contre le Danemark. «Je dois également présenter mes excuses à mes coéquipiers en sélection pour avoir quitté le rassemblement. Malgré la perte totale de confiance dans la parole du sélectionneur, dont pourront témoigner ceux qui ont assisté à ces conversations, je n’aurais pas dû le faire. La responsabilité m’en incombe exclusivement», reconnaît-il.
Ronaldo veut continuer avec le Portugal
Malgré cette crise, le quintuple Ballon d’Or assure que son aventure avec la sélection portugaise n’est pas terminée. Il se dit prêt à revenir après avoir purgé la sanction qui pourrait lui être infligée par la Fédération portugaise de football. «Par conséquent, si je suis en bonne condition physique, que je joue dans mon club, avec des buts je l’espère, après avoir purgé la suspension qui me sera infligée, je serai disponible, comme je l’ai toujours été jusqu’à aujourd’hui, pour jouer et gagner avec notre sélection. Voilà, croyez-moi, la vérité la plus pure», conclut Cristiano Ronaldo.






