Après avoir frappé un grand coup avec Kylian Mbappé, la marque suisse On accélère son développement dans le football. L’équipementier a officialisé l’arrivée de Thierry Henry au poste de Directeur Football. L’ancien international français aura un rôle stratégique dans le développement de cette nouvelle activité, notamment sur les produits, l’innovation et la vision de la marque.
Après avoir construit sa réputation dans le running et le tennis, On prépare désormais ses premières chaussures dédiées au football. Thierry Henry, qui pilote notamment la stratégie d’innovation et de développement durable, est directement impliqué dans ce projet. Dans un entretien accordé à AS, il a dévoilé les ambitions de la marque et le rôle central de Mbappé.
Henry : «Le premier, c’est Kylian»
Pour Thierry Henry, attirer le capitaine des Bleus constitue déjà un signal fort pour On. «C’est vraiment fantastique de pouvoir attirer des joueurs, puis de développer la marque et de faire pleinement partie de tout ça. Le premier, c’est Kylian. Je pense que c’est le meilleur. Pas mal du tout pour une première recrue, c’est certain», explique-t-il. L’ancien attaquant insiste également sur l’importance du produit. On travaille notamment sur une chaussure annoncée comme particulièrement légère. «La fabrication de ces chaussures prend trois minutes : un filament thermoplastique est pulvérisé en continu à l’intérieur et à l’extérieur. Un bras robotisé, muni d’un pied et d’une semelle intermédiaire à son extrémité, tourne autour de ce filament. On le voit alors. Trois minutes, seulement 30 grammes… Ce sera la chaussure la plus légère jamais conçue», détaille Henry.
Mbappé participe au développement
Le Français assure que Mbappé n’est pas uniquement associé à l’image de la marque. Le joueur participe directement au développement des produits. «Kylian participe au développement des chaussures, que ce soit pour les tissus ou tout autre produit auquel il contribue et qu’il utilisera. Nous nous efforçons de rester fidèles à nos valeurs et de fabriquer le meilleur produit possible, d’une qualité irréprochable. Certes, on parle de Kylian et de son impact sur le football, mais si l’on parle d’impact, il faut aussi parler du football féminin», précise-t-il.
Henry veut également intégrer davantage le football féminin dans cette stratégie. «La plupart du temps, les femmes jouent au football avec des chaussures pour hommes, qui ne sont pas vraiment adaptées à leur morphologie. C’est pourquoi nous souhaitons collaborer étroitement avec Sydney (Schertenleib) afin de développer les meilleures chaussures possibles pour les femmes. Bien sûr, Kylian est là, et comme vous l’avez dit, c’est extraordinaire. Mais l’impact se fait sentir dans le monde du football, et lorsqu’on parle de football, il faut inclure le football féminin.», explique-t-il. Et pour On, la Coupe du monde féminine 2027 au Brésil représente déjà une échéance importante. «C’est primordial. À l’échelle mondiale, c’est par là qu’il faut vraiment commencer. Kylian est là, mais la Coupe du Monde 2027 au Brésil est également très importante. Kylian est là, Sydney est là, et l’objectif est d’avoir un impact sur le jeu. Si l’on parle de football, il est indispensable d’aborder la question du football féminin», ajoute Henry.
Une chaussure pensée comme une seconde peau
L’ancien joueur d’Arsenal et du FC Barcelone explique également la philosophie qui accompagne la conception des chaussures. «Quand on parle de contact avec le ballon, on a cette sensation d’une seconde peau. Comme je le dis toujours, même si c’est évidemment impossible, j’aimerais que vous puissiez jouer pieds nus. Si j’avais pu jouer pieds nus, mais avec des crampons, ça aurait été une sensation incroyable. C’est ce qui s’en rapproche le plus. Et surtout, le joueur doit se sentir à l’aise. Il doit se sentir bien dans ses chaussures», confie-t-il. Les premières chaussures On dédiées au football devraient être prêtes en 2027. Mbappé possède déjà une paire qu’il utilise à l’entraînement, mais Henry assure que la marque ne lui impose aucune pression : «En principe, les chaussures seront prêtes en 2027. Kylian possède une paire qu’il peut utiliser, comme vous l’avez vu à l’entraînement. Mais avant tout, il doit se sentir à l’aise avec. Nous ne mettons la pression sur personne. L’échéance est 2027. S’il souhaite les porter plus tôt, nous comprenons sa situation et le changement d’état d’esprit nécessaire, mais nous ne lui imposons pas ce genre de pression. Il continue de développer les chaussures avec nous et nous voyons comment l’amener à se sentir suffisamment à l’aise pour les utiliser avant même d’y être obligé.»
«Nous allons essayer de le faire à notre façon»
Thierry Henry se félicite enfin du travail réalisé par les équipes de On pour parvenir à développer rapidement cette nouvelle collection. «Eh bien, je ne sais pas, car je ne joue plus. Mais je ne peux pas les tester au même niveau que Kylian. On peut tester quelque chose ensemble, mais avec lui, ses mouvements, sa puissance, sa détermination… C’est ça que je veux dire. Tout repose sur lui, sur ses sensations, et sur la façon de faire passer le produit à un niveau supérieur. Il y a tellement de personnes impliquées. Je dois parler de l’équipe, car créer quelque chose en dix mois environ, convaincre Kylian et lui présenter une chaussure dans ce délai… C’est incroyablement rapide. Il faut absolument féliciter l’équipe d’avoir réussi à concevoir la collection actuelle. Comme vous l’avez dit, c’est un grand pas en avant.», souligne-t-il. L’objectif est désormais de construire une véritable identité dans le football. «Nous entrons sur un marché immense, mais nous allons essayer de le faire à notre façon, sans suivre les tendances. Nous aurons notre propre vision : l’unité et la cohésion, avec Kylian et Sydney qui travaillent sur le produit. On verra ce que l’avenir nous réserve. Évidemment, il y a d’autres choses dont nous ne vous parlons pas et qui pourraient se produire. Mais oui, comme vous l’avez dit, pouvoir entrer en scène avec Kylian Mbappé est absolument incroyable.», explique Henry.
Et lorsqu’il évoque l’arrivée de Mbappé, le Français insiste surtout sur la confiance accordée au joueur : «Pour être honnête, ce n’était même pas ça. Le simple fait d’être en contact avec lui et de lui avoir donné l’occasion de nous écouter indiquait déjà que nous n’étions pas si loin du but. On sait qu’on est sur la bonne voie parce qu’il s’intéressait à ce qu’on proposait. Il s’agissait aussi de lui donner un rôle de leader. On parle de Kylian Mbappé ! Il sait ce qu’il veut porter et comment il veut le porter. Pourquoi ne pas lui donner l’opportunité de participer à la création de ses équipements et de décider comment il veut les utiliser ? Il a suffisamment accompli dans le football pour le mériter. Il a commencé à nous écouter, et là, on se met à rêver : «Est-ce que ça va vraiment se faire ?» Mais maintenant, tout commence. Il faut s’assurer que tout se déroule bien. Il y aura des obstacles en cours de route. Rien n’est parfait ni linéaire, mais tant qu’on reste unis… On m’a demandé tout à l’heure quel était mon rêve ou ce que j’aimerais voir dans le futur. Pour moi, il faut cette identité, cette philosophie et ce sentiment qui vient du plus profond de soi. Je ne veux pas décevoir mon équipe, et je veux qu’il soit heureux. Quand quelque chose dégage une énergie positive, les gens le ressentent parce que c’est authentique, et ils l’apprécient. Ça doit venir de l’intérieur. Le plus important, c’est de ne pas le décevoir, de ne pas laisser tomber Kylian. Parce que s’il est heureux et qu’il joue bien, les gens seront heureux. Je pense que c’est une excellente nouvelle pour le football, car quand une grande star a un contrat à long terme avec une marque, il est très difficile de changer»
Henry : «Quand je suis arrivé, il n’y avait même pas encore de chaussure»
Le directeur Football de On mesure surtout le chemin parcouru en quelques mois. «Quand je suis arrivé dans ce bâtiment, il n’y avait même pas encore de chaussure. C’était un rêve que nous avions imaginé, et maintenant nous le vivons», confie-t-il. Henry insiste enfin sur le travail collectif qui a permis de convaincre Mbappé. «Pour moi, tout a commencé lors de notre première conversation, quand l’intérêt s’est fait sentir. On s’est tous regardés. Et je tiens à préciser une chose : oui, Tobias et moi discutions, mon agent était là, et nous parlions aussi avec Kylian et les autres, mais moi, je dormais. Je rentrais chez moi et je dormais. Imaginez tous ceux qui, dans ce bâtiment, ont dû veiller tard, travailler sous pression pour livrer les chaussures, se demandant si c’était la bonne solution, si ça lui plaisait, modifiant ceci et cela. Ce sont eux qui méritent d’être reconnus. Le personnel et tous les responsables techniques ont rendu possible ce résultat et ont permis à Kylian de nous rejoindre. On parle beaucoup, mais si le produit n’est pas bon, rien de tout cela ne se concrétise. C’est essentiel.», conclut-il.






