Pour sa première conférence de presse après l’annonce de sa première liste avec les Bleus, Zinédine Zidane a été interrogé sur un sujet éloigné du football : la présidentielle de 2027. Le nouveau sélectionneur de l’équipe de France a rapidement affiché sa volonté de rester concentré sur sa mission.
Alors que plusieurs sportifs français ont déjà exprimé publiquement leurs convictions politiques, Zidane ne souhaite pas prendre part au débat électoral. «Moi je vais me consacrer à ma tâche, qui est celle du sélectionneur de l’équipe de France A, et ça ne va pas changer. Par contre j’ai des convictions, comme tout le monde. Je suis un citoyen, je pense des choses. Mais par contre après les partager… Chacun fait comme il veut, et sur ça j’ai rien à dire. Moi je vais essayer de me consacrer à cette tâche qui est sélectionneur de l’équipe de France», a-t-il répondu. Une position qui s’inscrit dans la continuité de sa discrétion sur les sujets politiques. Zidane avait déjà expliqué par le passé qu’il préférait conserver ses convictions personnelles plutôt que de les exposer publiquement.
Zidane marqué par ses précédentes prises de position
Le champion du monde 1998 avait notamment raconté à L’Équipe en 2022 les conseils reçus de son père concernant la politique. «La politique ? C’est un métier. J’avais d’ailleurs eu une première et mauvaise expérience par rapport à une position que j’avais prise. Mais les gens ne s’imaginent pas ce que cela déclenche derrière. Tu reçois de ces messages…» Il avait ensuite rapporté les paroles de son père : «Mon papa m’a toujours dit quand j’étais jeune : “C’est quoi, toi ? Le foot. Alors parle seulement de foot. Tant que tu veux !” Il me disait toujours d’avoir un avis de citoyen. Mais que je n’avais pas besoin de le faire partager à la terre entière. Mon papa a toujours raison.»
Une position commentée sur CNews
La réponse de Zidane a également suscité des commentaires dans les médias. Sur CNews, le journaliste Eliot Deval a notamment souligné le choix du sélectionneur de ne pas transformer ses conférences de presse en tribunes politiques. «N’en déplaise aux militants journalistes, il ne jouera pas un rôle dans la campagne présidentielle. Non, Zidane n’est pas porte-parole de tel ou tel parti. Zinédine Zidane a des convictions, par le passé il s’est exprimé à ce sujet, mais son nouveau rôle, son nouveau statut, sa mission, est tout autre aujourd’hui. Zidane n’ouvre pas la boîte de pandore, faire de chaque conférence de presse un meeting politique. Une situation qui a viré à l’insupportable pendant les législatives anticipées en plein Euro de football. Comme Léon Marchand, Zinédine Zidane privilégie une forme de discrétion, de pudeur. Unir, plutôt que cliver. La question est désormais de savoir si, comme pour Léon Marchand, les extrémistes de gauche vont s’attaquer à la légende Zidane comme ils s’en sont pris au nageur français», a-t-il déclaré.
Eliot Deval a également comparé cette discrétion à celle affichée par le nageur Léon Marchand, qui avait lui aussi choisi de rester à distance des débats politiques. «Entendons-nous bien, qu’un artiste, un sportif, affiche ses convictions politiques, c’est tout à fait son droit. Que ces derniers n’entrent pas sur le terrain politique l’est tout autant. Zidane a offert une leçon à la presse», a conclu le journaliste.






