Les révélations d’Andy Carroll font beaucoup parler en Angleterre. Dans son autobiographie Owning It, l’ancien international anglais raconte les coulisses des rassemblements des Three Lions au début des années 2010 et affirme notamment que Wayne Rooney organisait des soirées improvisées dans sa chambre, avec cigarettes, bière et bouteilles de vin. Des accusations auxquelles l’ancien capitaine anglais a répondu sans détour.
Convoqué pour la première fois avec l’Angleterre en 2010, sous les ordres de Fabio Capello, Andy Carroll raconte dans son livre l’ambiance qui régnait au sein de la sélection. L’ancien joueur de Newcastle, Liverpool et West Ham décrit notamment Wayne Rooney comme «un type bien», «normal» et «très, très drôle». Mais ses révélations sur les habitudes de Rooney sont beaucoup plus surprenantes. Carroll raconte que l’attaquant de Manchester United l’appelait régulièrement dans sa chambre pour passer du temps avec d’autres joueurs.
«Il m’appelait à deux heures de l’après-midi et me disait : “Andy, ma chambre, maintenant”. “Non”, je répondais, “pas maintenant Wazza, il est trop tôt”. Mais il finissait toujours par me soumettre par la force», écrit Carroll rapporte The Sun. Selon l’ancien international, Rooney était alors installé devant la télévision avec une bière, des cigarettes et du snus. «Je le trouvais allongé sur son lit, regardant la télévision, fumant (ses lèvres étaient parfois gonflées de snus – du tabac sans fumée –) et buvant une bouteille de bière à grandes gorgées», raconte-t-il. La chambre de Rooney aurait ensuite accueilli plusieurs autres joueurs. «Il était entouré de paquets de cigarettes, de caisses de bière et de bouteilles de vin (qu’il se faisait livrer en chambre par le directeur de l’hôtel), et bientôt sa chambre était pleine de joueurs», poursuit Carroll. L’ancien attaquant tient cependant à préciser qu’il ne s’agissait pas, selon lui, de véritables beuveries. «Personne ne s’est enivré, c’était juste la façon qu’avait Wazza de rompre la monotonie avec quelques verres, ce qui était préférable à rester allongé sur nos lits à fixer les murs», assure-t-il.
Rooney dément catégoriquement
Ces révélations ont rapidement provoqué la réaction de Wayne Rooney. L’ancien attaquant anglais, aujourd’hui âgé de 40 ans, conteste totalement le récit de Carroll et affirme même avoir très peu fréquenté son ancien coéquipier. «Je ne commente généralement pas les mensonges écrits à mon sujet, mais je vais répondre à celui-ci. Andy sait que nous n’avons jamais vraiment eu de relations sociales. Je l’ai croisé une fois, par hasard, pendant des vacances, mais c’est tout», a déclaré Rooney. Surtout, il réfute catégoriquement l’idée d’avoir consommé de l’alcool durant les rassemblements de l’équipe d’Angleterre. «Quant à cette « histoire » selon laquelle j’aurais bu pendant un match avec l’équipe d’Angleterre, c’est une pure invention. Je ne sais pas d’où vient cette histoire. C’est décevant», a-t-il ajouté.
Carroll évoque également une autre anecdote particulièrement surprenante impliquant Rooney et le kinésithérapeute des Three Lions, Rod Thornley. L’ancien attaquant raconte une plaisanterie organisée dans la salle de soins devant Steven Gerrard. «Quand j’ai parlé à Wazza de la blague du porté à trois (où deux joueurs maintiennent quelqu’un au sol pendant qu’un autre s’assoit sur lui), il s’est enthousiasmé et s’est exclamé : “Il faut absolument qu’on recrute Rod Thornley !”», écrit-il. Selon Carroll, Rooney aurait ensuite participé à cette plaisanterie sur la table de soins. «Rod hurlait, Gerrard et moi, on pleurait de rire, et Wazza n’avait jamais paru aussi content de lui», raconte-t-il.
Carroll raconte une Angleterre divisée
Au-delà des anecdotes concernant Rooney, Andy Carroll revient longuement sur l’ambiance au sein de la sélection anglaise. Selon lui, la fameuse «génération dorée» était notamment marquée par une rivalité entre joueurs du Nord et du Sud de l’Angleterre. «Lorsque je suis arrivé à mon premier stage avec l’équipe d’Angleterre, j’étais vraiment anxieux. Ces gars-là étaient connus de tous les fans de football, et je les admirais tous. C’était un peu comme votre première semaine au collège. Il y avait même des bandes rivales. Les joueurs des clubs du nord s’asseyaient d’un côté de la salle et ceux des clubs du sud de l’autre, à l’exception d’un joueur de Manchester United qui faisait cavalier seul et s’asseyait avec le groupe du sud parce qu’il ne voulait pas être assis avec les joueurs de Liverpool.», raconte-t-il.
Carroll affirme que les tensions étaient parfois telles que certains joueurs refusaient de se parler ou même de se faire des passes à l’entraînement. «Certains joueurs ne se parlaient littéralement pas et étaient réticents à se faire des passes à l’entraînement. C’est déprimant de penser que l’Angleterre ne s’est pas donné les moyens de gagner quoi que ce soit pendant cette période à cause de ces rivalités mesquines au sein du groupe. J’avais l’impression que les joueurs du Sud méprisaient ceux du Nord. Au final, je me suis rapproché du groupe du nord», déplore-t-il.
«Vous êtes irrespectueux à utiliser votre putain de téléphone»
L’ancien attaquant raconte également une scène avec Fabio Capello, réputé pour son exigence. Alors qu’il était arrivé quinze minutes en avance à une réunion, Carroll explique que le sélectionneur italien lui aurait arraché son téléphone des mains. «Le patron, Fabio, était un peu fou. Un jour, Ashley Young et moi avons décidé d’arriver à une réunion 15 minutes plus tôt. J’étais assis par terre, les yeux rivés sur mon téléphone, quand Capello est entré, s’est approché d’un pas décidé et me l’a arraché des mains. On essaie de travailler ici», aurait lancé Capello avant de lui reprocher son comportement. Carroll garde également en mémoire les règles alimentaires imposées par le technicien : «Vous êtes irrespectueux à utiliser votre putain de téléphone. Sur ce, il m’a jeté le téléphone sur la poitrine. Je me suis dit : « Je suis en avance de 15 minutes sur votre réunion, quel est votre problème ? » Ashley, qui avait caché son téléphone sous sa chemise, avait l’air terrifié. Capello nous autorisait à prendre un verre de vin et un dessert au déjeuner et au dîner — gâteau au chocolat, glace, peu importe — mais il n’autorisait pas le ketchup. Ça n’avait aucun sens : pourquoi du vin et un dessert, mais pas de ketchup ?»
L’Euro 2012 et le traumatisme italien
Carroll a finalement participé à l’Euro 2012 sous Roy Hodgson. Il avait notamment marqué lors de la victoire spectaculaire contre la Suède (3-2), avant l’élimination de l’Angleterre en quarts de finale face à l’Italie après une séance de tirs au but. L’attaquant revient notamment sur les critiques reçues pour ne pas avoir tiré lors de cette séance. «On m’a critiqué après le match pour ne pas avoir tiré de penalty, mais je n’avais pas mon mot à dire. Je ne me souviens pas que quiconque ait annoncé qui tirerait les cinq premiers lors d’une vraie séance de tirs au but. Et contre l’Italie, (l’entraîneur) Gary Neville a simplement pointé du doigt les joueurs et a dit : « Un, deux, trois, quatre, cinq — vous êtes nos tireurs de penalty. »», affirme-t-il.
Ashley Young et Ashley Cole figuraient alors parmi les tireurs et ont tous deux échoué. Andrea Pirlo avait, lui, marqué d’une audacieuse Panenka. «Finalement, les deux Ashley ont raté leur tir et (le milieu de terrain italien Andrea) Pirlo a marqué le penalty le plus vicieux que j’aie jamais vu — un petit lob au milieu — et nous étions éliminés. Se faire assommer, c’était horrible. Imaginez : vous êtes à neuf jours de vacances sur deux semaines, vous vous amusez comme des fous, et là, quelqu’un défonce votre porte, vous jette hors de l’hôtel, vous traîne dans un bus et vous emmène à l’aéroport. C’était un peu comme ça.», se souvient Carroll.






