Ruben Amorim s’apprête à vivre un nouveau test important sur le banc de l’AC Milan. Alors que les Rossoneri se déplacent sur la pelouse de la Lazio samedi pour la quatrième journée de Serie A, Demetrio Albertini a livré son regard sur les débuts du technicien portugais. L’ancienne légende milanaise apprécie la nouvelle philosophie mise en place, mais estime qu’il faudra laisser du temps à Amorim pour installer durablement son projet.
Dans un entretien accordé à la Gazzetta dello Sport, Albertini a d’abord insisté sur l’ampleur du chantier qui attend le Portugais. Pour l’ancien milieu de terrain italien, le Milan doit accepter de repartir sur de nouvelles bases après plusieurs changements au cours des dernières années. «La difficulté réside dans le fait de repartir de zéro et, malheureusement, cela s’est produit trop souvent ces dernières années. Entraîneur, joueurs, projet tactique : tout est nouveau et, inévitablement, cela prendra du temps, surtout compte tenu des difficultés qui ne manqueront pas de surgir. Le projet doit être soutenu avec confiance, quoi qu’il arrive», a expliqué Albertini.
«J’aime beaucoup Amorim»
Le quintuple champion d’Italie se montre particulièrement séduit par les premières évolutions observées dans le jeu milanais. Il apprécie notamment l’audace affichée par les joueurs depuis l’arrivée d’Amorim. «J’aime beaucoup Amorim. Enfin, on a l’impression de voir une équipe plus audacieuse, avec des joueurs plus intrépides. Bien sûr, avoir beaucoup de joueurs performants en un contre un peut aussi engendrer des faiblesses défensives, mais, je le répète, il faut le soutenir», a-t-il estimé.
Albertini demande donc de ne pas tirer de conclusions trop rapidement. Selon lui, la nouvelle philosophie du technicien portugais ne pourra réellement être évaluée qu’après plusieurs mois de travail. «Il est essentiel d’avoir du temps et de la patience. Certains changements ne se manifestent pas en un mois : en décembre, peut-être, nous réaliserons-nous dans quelle mesure la nouvelle mentalité s’est ancrée au sein du groupe. Nous devons apprendre à être plus patients avec les entraîneurs comme avec les joueurs», a-t-il souligné.
L’ancien international italien estime même que le Milan doit construire son identité sans attendre l’arrivée d’une superstar capable de tout changer à elle seule. «Aujourd’hui plus que jamais, nous avons besoin d’un football émotionnel, et cela prend du temps. Puisque nous ne pouvons plus nous permettre d’avoir Messi, Haaland ou Mbappé, nous devons construire quelque chose par nous-mêmes. Et ce processus exige du temps et de la confiance», a-t-il ajouté.
La Ligue des champions comme priorité
Malgré les ambitions affichées, Albertini ne considère pas forcément le Milan comme le grand favori pour le titre de Serie A. Pour lui, l’objectif prioritaire doit être de retrouver la Ligue des champions. «Ils doivent jouer pour retrouver la Ligue des champions, un objectif déjà difficile à atteindre. Six équipes se disputent quatre places : l’Inter, l’AS Roma, Naples, la Juventus, Como et l’AC Milan. L’Inter et la Roma dominent la course au titre, et Milan doit viser le meilleur classement possible et garder espoir», a-t-il expliqué. L’ancien Rossonero estime néanmoins que le club peut nourrir des ambitions européennes. «Le mercato a également été axé sur la Ligue des champions. En Ligue Europa, ils ne partent pas favoris, mais ils peuvent aller jusqu’au bout. L’Europe est toujours une source d’apprentissage», a-t-il poursuivi.
«J’aime bien Ramos, mais j’aimerais bien voir Camarda»
Demetrio Albertini s’est également exprimé sur Gonçalo Ramos. L’ancien joueur milanais a apprécié les premiers signes montrés par l’attaquant, notamment son but face à Venise. «Contre Venise, il a marqué un but digne d’un véritable attaquant, grâce à d’excellents déplacements et une vitesse d’exécution extraordinaire. Il a besoin d’un soutien adéquat pour pouvoir, par des buts et des performances, démontrer tout son potentiel. Ramos se débrouille donc bien, mais j’aimerais aussi voir Camarda», a-t-il déclaré.
Albertini aimerait surtout voir Ruben Amorim donner davantage de responsabilités aux jeunes issus du centre de formation. Il estime que le Portugais possède justement le profil pour prendre ce genre de décisions. «J’aimerais qu’on ose davantage miser sur les jeunes joueurs. Amorim l’a déjà prouvé par le passé, en faisant ses choix non pas en fonction de l’âge ou d’une hiérarchie préétablie, mais en misant sur ceux qu’il jugeait prêts à jouer, jeunes ou moins jeunes. Je donnerais leur chance à Camarda, ainsi qu’à Comotto, dont tout le monde vante les mérites et qui est un joueur très talentueux. Un entraîneur étranger a une culture particulière et une plus grande aisance pour prendre certaines décisions. Ici, surtout ces dernières années, cela a toujours été compliqué», a-t-il conclu.






