La contestation autour de Gianni Infantino prend une nouvelle dimension. Alors que le président de la FIFA fait face à une opposition grandissante au sein du football mondial, Claudius Schäfer, président de l’Association des ligues européennes de football, estime que le dirigeant italo-suisse ne pourra pas conserver durablement son poste.
«Nous doutons de sa capacité à se maintenir au poste de président»
Dans un entretien accordé à The Athletic, Schäfer a également appelé à une profonde réforme de la gouvernance de la FIFA, estimant que le problème dépasse largement la seule personne d’Infantino. L’Association des ligues européennes, qui représente 53 championnats masculins et féminins, se montre particulièrement préoccupée par l’évolution du fonctionnement de la FIFA sous la présidence d’Infantino. Claudius Schäfer estime notamment que le pouvoir du président s’est considérablement renforcé ces dernières années, au détriment d’une gouvernance davantage collective. «Nous doutons de sa capacité à se maintenir au poste de président. Étant proches de la FIFA ici en Suisse, il apparaît que l’influence du président a augmenté d’année en année. Des décisions majeures (à la FIFA) sont prises sans véritable concertation avec les parties concernées qui en subiront les conséquences», a-t-il déclaré.
Schäfer dénonce «un véritable scandale»
La situation est d’autant plus tendue qu’Infantino fait actuellement face à des critiques venues de plusieurs confédérations continentales, notamment l’UEFA, l’AFC et la Concacaf. Schäfer considère que certaines décisions prises récemment ont dépassé les limites acceptables en matière de gouvernance et d’indépendance du football. «La FIFA est une organisation soumise au droit suisse et dotée de règles claires. Le président et les membres du Conseil se doivent d’exercer leurs fonctions avec soin et responsabilité. C’est avant tout une question juridique», a-t-il rappelé.
Le président de l’Association des ligues européennes s’est notamment arrêté sur la décision d’attribuer un prix de la paix au président américain Donald Trump sans, selon lui, avoir préalablement informé le Conseil de la FIFA. «Lorsqu’une décision de ce type est prise, comme l’attribution d’un prix de la paix (au président américain Donald Trump) sans même en informer le Conseil, cela constitue, de mon point de vue, une infraction à la loi», a-t-il estimé. Schäfer a ensuite évoqué l’affaire concernant le joueur américain Folarin Balogun et son carton rouge lors de la Coupe du monde, qu’il considère comme un autre exemple inquiétant. «Est ensuite survenue l’affaire du carton rouge (contre Folarin Balogun) lors de la Coupe du monde. C’était un véritable scandale. Je ne me souviens pas d’une ingérence politique de cette nature dans une affaire sportive. De tels agissements font naître des doutes sur l’intégrité du jeu», a-t-il dénoncé. Avant de lâcher une phrase particulièrement lourde de conséquences : «C’est pourquoi je dis qu’Infantino n’a aucun avenir à la FIFA.»
Une réforme plus importante qu’un simple changement de président
Gianni Infantino devrait briguer un quatrième mandat à la tête de la FIFA l’année prochaine. Mais dans un contexte de tensions croissantes, son avenir à la présidence semble désormais susciter de nombreuses interrogations. Pour Claudius Schäfer, cependant, le véritable enjeu ne consiste pas uniquement à remplacer Infantino. Il estime nécessaire de revoir en profondeur les pouvoirs accordés au président ainsi que les mécanismes de décision au sein de la FIFA. Selon lui, une réforme structurelle doit permettre d’éviter qu’une seule personne puisse concentrer autant d’influence sur les décisions concernant le football mondial. «Pour nous, ces réformes constituent la priorité absolue, et nous pensons qu’elles ne pourront se concrétiser qu’avec un autre président», a conclu Schäfer.







