Manchester City traverse une période particulièrement délicate après le verdict rendu par la commission indépendante de la Premier League. Alors que le club a été reconnu coupable de l’ensemble des charges liées aux graves infractions financières retenues contre lui sur neuf saisons, Gary Neville estime que les conséquences pourraient dépasser le simple cadre sportif.
L’ancien défenseur de Manchester United s’est notamment interrogé sur la capacité des propriétaires actuels à conserver le contrôle du club si le verdict venait à être confirmé après la procédure d’appel.
Neville met en garde les propriétaires de City
Pour Gary Neville, le dossier pose directement la question du respect du test applicable aux propriétaires et dirigeants des clubs anglais. «Il est difficile de voir comment les propriétaires de Manchester City peuvent satisfaire au test des propriétaires et des dirigeants dans ce pays si le verdict reste inchangé. La réalité, c’est qu’en raison de propriétaires de clubs inappropriés, des règles bien plus strictes sont en place. Il sera difficile pour les propriétaires de Manchester City de conserver leur statut», a déclaré Neville à Sky Sports. Le consultant estime également que les clubs représentent davantage que de simples actifs commerciaux. «Les clubs sont des actifs protégés, des biens communautaires, en raison de ce qu’ils représentent pour les supporters et les habitants d’une ville, donc les propriétaires doivent respecter les règles et les lois définies dans ce test», a-t-il ajouté.
Des accusations financières lourdes
La commission indépendante a conclu que Manchester City avait commis de graves infractions aux règles financières de la Premier League entre les saisons 2009/10 et 2017/18. Elle a notamment retenu l’utilisation de contrats qualifiés de «sham contracts», destinés à gonfler artificiellement les revenus du club et à réduire ses coûts. La commission a également conclu à des comptes inexacts et à plusieurs manquements aux obligations de coopération. Selon les éléments du dossier, le «financement présenté comme des revenus de sponsoring représentait notamment plus de 830 millions de livres sterling. D’autres estimations évoquent un impact supérieur à 900 millions de livres sur les revenus et les coûts concernés».
«Une amende ou un retrait de points» ne suffirait pas
Gary Neville estime qu’une simple sanction sportive ou financière ne permettrait pas, selon lui, de mesurer pleinement les conséquences du dossier. «La seule sanction appropriée est d’appliquer le test des propriétaires et des dirigeants, en premier lieu, puis d’examiner les succès sur la période et de déterminer s’ils doivent toujours être maintenus. Ces deux choses auraient la conséquence la plus directe sur le football anglais», a-t-il expliqué. L’ancien international anglais a même ajouté : «Si j’étais Manchester City, je sauterais sur une amende ou un retrait de points, même s’il s’agissait de 60 points, parce que cela ne vous nuirait que sur un moment donné.»
Neville estime ainsi que l’enjeu dépasse largement le classement de la Premier League et concerne également l’héritage de la période de domination de Manchester City. «Posséder un club de football dans ce pays est l’une des plus grandes responsabilités que l’on puisse avoir. Cela doit être pris très au sérieux. Il ne faut pas s’enliser dans des amendes et des retraits de points, il faut se concentrer sur les deux choses les plus importantes : les accomplissements durant cette période et ce qui arrive aux propriétaires et aux dirigeants qui ont supervisé cette période. La Premier League est notre plus grande exportation à travers le monde, et maintenant elle est traînée dans la boue parce que la meilleure équipe des 15 dernières années, à l’heure où nous parlons, est coupable d’avoir remporté des titres de manière inappropriée. C’est dévastateur.», a-t-il conclu.
City fait appel du verdict
Manchester City, qui nie les accusations, a officiellement déposé son appel contre la décision de la commission. Le club affirme que le jugement comporte des erreurs importantes de droit, de principe et de fait et assure disposer d’éléments pour défendre sa position.






