Lamine Yamal livre ses grandes confidences sur le Ballon d’Or

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À un peu plus d’un mois de la cérémonie du Ballon d’Or, Lamine Yamal s’est longuement confié à L’Équipe. L’international espagnol de 19 ans est notamment revenu sur sa deuxième place lors de la précédente édition, son duel avec Ousmane Dembélé et ses ambitions pour les prochaines années. Malgré l’absence de sacre, le joueur du FC Barcelone assure avoir vécu cette performance comme une véritable réussite.

Lamine Yamal garde un souvenir particulier de la cérémonie précédente. À seulement 18 ans, il avait réussi à se hisser à la deuxième place derrière Ousmane Dembélé. «Je me souviens de cette soirée comme d’un moment particulier. Peu de jeunes de 18 ans assistent à la cérémonie du Ballon d’Or en pensant avoir une chance de gagner. C’était ma deuxième cérémonie, et le simple fait d’être là, avec une chance de l’emporter face à Ous Mané, était déjà un rêve devenu réalité. Finalement, Ous a gagné, mais je l’ai bien pris. Il le méritait ; il avait réalisé une saison incroyable, avec sa victoire en Ligue des champions, et j’étais heureux pour lui. J’ai également reçu le Trophée Kopa, mon deuxième», raconte-t-il. Pour autant, Yamal ne considère pas cette deuxième place comme une déception. «Je la vois comme une réussite. J’ai terminé deuxième à 18 ans. Cela me permet aussi de progresser. Je suis un joueur qui veut toujours gagner, et ne pas finir premier m’incite à me surpasser l’année suivante pour y parvenir, et ainsi de suite… Je n’ai jamais considéré cela comme une frustration», assure-t-il.

«Nous avons tous de très bons arguments»

Interrogé sur le joueur qui mérite cette année le Ballon d’Or, le Barcelonais refuse de désigner un favori. Selon lui, plusieurs candidats disposent d’arguments solides et le choix appartient finalement aux journalistes. «C’est bien, et plus intéressant, d’avoir plus de joueurs, plus de débats, et que les gens aient des opinions différentes. Au final, ce travail appartient aux journalistes. Tout comme mon travail est de bien jouer sur le terrain, c’est un travail difficile pour eux. Nous avons tous de très bons arguments, nous sommes tous d’excellents joueurs. On verra bien», explique-t-il. D’ailleurs, Yamal estime que le Ballon d’Or ne doit pas uniquement être résumé aux statistiques. «Le Ballon d’Or récompense le meilleur joueur de l’année, le joueur exceptionnel, celui qu’on prend plaisir à regarder jouer, celui qui possède cette magie qui nous fait sourire, qui nous donne envie de regarder un match rien que pour lui. Cela n’a rien à voir avec le nombre de buts qu’il marque, ni avec quoi que ce soit d’autre. Quand je pense au Ballon d’Or, je pense à Messi, Ronaldinho, des joueurs exceptionnels qui nous font rêver», estime-t-il.

«Je veux être Lamine Yamal»

Par ailleurs, l’attaquant du Barça assume pleinement son ambition de marquer l’histoire du football. Toutefois, il refuse de se construire dans l’ombre des légendes du passé. «Oui. Je dis toujours qu’il faut viser le plus haut possible. Si j’étais serveur, j’aimerais être propriétaire du restaurant. Je joue pour entrer dans l’histoire, pour que dans 30 ans, les jeunes disent : “Lui aussi était vraiment bon.” Mais ce n’est pas une obsession. Je ne pense jamais : “Je veux être meilleur que Pelé, meilleur que Messi.” Je ne veux me comparer à personne. Je veux être Lamine Yamal, je veux qu’on se souvienne de moi comme de Lamine Yamal, et j’espère figurer parmi les plus grands. Je crois avoir les capacités et les ressources pour y parvenir, et tout dépend de moi», affirme-t-il.

Cette ambition concerne également les trophées collectifs. Après avoir remporté trois titres de champion, Yamal veut continuer à garnir son palmarès. «On peut toujours progresser. J’ai remporté trois titres de champion, et je vise au moins sept ou huit titres. J’espère en gagner beaucoup plus. Je n’ai pas encore gagné la Ligue des champions ; je veux la gagner. Et si j’en gagne une, sachant que le PSG en a remporté deux d’affilée, je veux en gagner trois d’affilée. Et si je ne gagne pas le Ballon d’Or, je dois le gagner l’année suivante. Et si je le gagne, je veux en gagner cinq autres», lance-t-il.

La Coupe du monde, un argument supplémentaire

Yamal estime également que son titre mondial avec l’Espagne constitue un élément important dans la course au Ballon d’Or. «Sur le terrain, je prends du plaisir, je joue bien, comme je le souhaite. J’ai aussi eu la chance de remporter de nombreux titres avec le Barça, et ce depuis deux ans. J’ai également gagné le titre le plus prestigieux, la Coupe du Monde, avec mon équipe nationale. Mais au-delà de ça, je pense que mon style de jeu est mon meilleur atout et ce qui me distingue», explique-t-il.

Le jeune Espagnol reconnaît néanmoins la valeur de ses concurrents, de Kylian Mbappé à Khvicha Kvaratskhelia, en passant par Lionel Messi et Ousmane Dembélé. «Ce sont tous des joueurs exceptionnels. Leur présence dans le débat ne me surprend pas ; chacun a ses arguments. Messi est cité, par exemple, pour son excellente Coupe du monde, et d’autres ont des arguments différents. Il faut respecter toutes les opinions. Si quelqu’un dit “Messi le mérite” ou “Rodri le mérite”, c’est tout à fait respectable ; ils ne disent pas n’importe quoi, n’est-ce pas ?», souligne-t-il. Pour autant, Yamal considère son sacre mondial comme un élément supplémentaire dans son dossier. «Oui, évidemment. Quand on parle de tant de grands joueurs, on finit toujours par se dire : “Celui-ci est meilleur que celui-là, mais peut-être que celui-ci a remporté tel ou tel titre.” Mon avantage, c’est d’avoir gagné la Coupe du monde cette année, et forcément, ça me donne un avantage. C’est logique», affirme-t-il.

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«L’un des jours les plus marquants de ma vie»

Enfin, impossible pour Yamal d’évoquer sa saison sans revenir sur la finale de la Coupe du monde remportée face à l’Argentine de Lionel Messi. Une rencontre qu’il considère comme l’un des moments les plus forts de sa jeune carrière. «Ce fut l’un des jours les plus marquants de ma vie. La veille, j’étais prêt à jouer une finale de Coupe du monde. Je n’en garde que de bons souvenirs. Je me rappelle qu’au coup d’envoi, je me suis dit : “On ne peut pas perdre, je ne peux pas rentrer chez moi après avoir perdu cette finale.”» Puis, le Barcelonais poursuit : «Le match s’est très bien déroulé, l’intensité était palpable, jusqu’aux prolongations. À aucun moment je n’ai ressenti de nervosité, je me répétais simplement : “J’y suis enfin, je joue une finale de Coupe du monde.” Et après la victoire, j’étais apaisé.»

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