CAN 2025 : Walid Regragui règle ses comptes avec le Sénégal

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La finale de la CAN 2025 entre le Maroc et le Sénégal continue de faire parler. Plusieurs mois après une rencontre particulièrement mouvementée, le résultat définitif de cette finale reste encore suspendu à la décision du Tribunal arbitral du sport (TAS). Alors que la CAF a attribué le titre au Maroc, la procédure n’est pas encore définitivement terminée. Désormais consultant sur Canal+, Walid Regragui est revenu longuement sur cet épisode. L’ancien sélectionneur des Lions de l’Atlas a livré sa propre lecture des événements, tout en regrettant profondément l’image renvoyée par le football africain.

Regragui attend la décision du TAS

Walid Regragui refuse toutefois de tirer des conclusions définitives avant la décision du TAS. Selon lui, cette affaire aurait dû être réglée depuis longtemps sur le terrain plutôt que de se poursuivre sur le plan administratif. «Pour le moment, la CAF nous a attribué le titre. Maintenant, il y a le TAS. On attendra la décision et on l’acceptera d’un côté comme de l’autre. Ce qui est dommage, c’est qu’elle arrive un peu tard et que ça se joue du côté administratif… Parce que tout le monde veut monter sur le podium et porter la coupe devant son public.», a expliqué l’ancien sélectionneur marocain. Pour Regragui, le scénario de cette finale a surtout privé le football africain d’une grande fête. «Ça n’a pas été le cas parce qu’il y a eu une action extraordinaire, qui n’a jamais été vue dans une finale continentale ou mondiale», a-t-il poursuivi.

«On a donné raison aux gens qui nous critiquent»

L’ancien technicien marocain a ensuite évoqué l’interruption de la rencontre et la sortie des joueurs sénégalais du terrain. Il estime que certains comportements auraient pu avoir de lourdes conséquences si le règlement avait été appliqué strictement. «Il y a des joueurs qui sont sortis du terrain et, si le règlement avait été appliqué, ils auraient pris un deuxième jaune et le Sénégal aurait dû finir à 9. On a vu des choses qui n’ont rien à faire sur un terrain, des deux côtés», a-t-il déclaré. Regragui regrette particulièrement que cette finale, qui devait être une vitrine du football africain, ait finalement été marquée par une telle polémique. «J’en veux un peu au sélectionneur sénégalais parce qu’on n’a pas montré une belle image. À la fin, une décision a été prise et a sali le football africain. Peu importe la décision, le TAS décidera. Le lendemain, moi, je suis passé à autre chose. Ce qui m’importe, c’est qu’on représente un continent. Je l’ai dit en 2022 : un continent dénigré parce qu’au niveau européen et mondial, il y a des comportements négatifs envers le football africain et ce soir-là, on a donné raison aux gens qui nous critiquent.», a-t-il expliqué.

«Le grand perdant, c’est le football africain»

Au-delà du résultat sportif, c’est surtout l’image du continent qui préoccupe Walid Regragui. L’ancien sélectionneur du Maroc estime que cette finale représentait une occasion exceptionnelle de montrer les progrès réalisés par le football africain et de présenter une compétition à la hauteur des standards internationaux. «Le grand perdant aujourd’hui, c’est le football africain. On avait une finale grandiose avec les deux meilleures équipes d’Afrique sur les cinq ou six dernières années. On pouvait faire une fête et montrer que le football africain avait franchi un cap, dans des stades aux normes européennes», a-t-il regretté. Pour Regragui, les événements de cette finale ont malheureusement renforcé certains préjugés. «Je me mets à la place de n’importe quelle personne dans le monde qui a envie de voir une compétition continentale : quand tu vois ce qu’il s’est passé… Tous les travers négatifs envers le football africain, on les a démontrés sur ce match, c’est pourquoi j’en veux un peu aux Sénégalais. Gagner ou ne pas gagner, la décision salit le football africain.»

Regragui revient sur le penalty de Brahim Díaz

Walid Regragui a également soulevé une question concernant le contexte dans lequel le penalty accordé au Maroc a été tiré. Selon lui, l’interruption de la rencontre et le temps passé par les joueurs sénégalais hors du terrain ont forcément créé une situation inhabituelle avant cette décision. «Si on veut débattre sincèrement : le fait qu’une équipe soit sortie 15 minutes du terrain, est-ce que ça a modifié le comportement de Brahim Díaz pour le penalty ? Quand Mbappé rate un penalty contre le Maroc à la Coupe du Monde, il dit qu’il y a eu deux minutes d’attente. Là, il y a eu 15 minutes», a lancé l’ancien sélectionneur. Regragui a ensuite évoqué une scène qu’il considère comme particulièrement surprenante durant cette interruption. «Honnêtement, ça ne s’est jamais vu qu’un gars prenne des Snapchat pendant la VAR en plein match dans le vestiaire. Aujourd’hui, tout le monde est perdant.», a-t-il ajouté.

Une finale qui laisse des regrets

Malgré la virulence de certains de ses propos, Walid Regragui assure avoir rapidement tourné la page. Son principal regret concerne désormais l’image laissée par cette finale. «Dès le lendemain, je suis passé à autre chose. Je voulais représenter un continent, un football qui est dénigré. Aux niveaux européen et mondial, on a souvent des comportements négatifs envers les Africains, et on a donné raison aux gens qui nous critiquent», a-t-il conclu. La décision du TAS sera donc particulièrement attendue.

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