La sortie médiatique de Lisandro Martinez après la défaite de Manchester United contre l’Atlético de Madrid (0-2) en Ligue des champions continue de faire réagir. En critiquant ouvertement la direction du club et son directeur sportif, Jason Wilcox, le défenseur argentin s’est attiré les reproches de plusieurs anciens joueurs, dont Nigel Reo-Cocker, Troy Deeney et Mike Grella.
Nigel Reo-Cocker : «Tu dois t’en tenir à ton travail»
Après la nouvelle défaite des Red Devils, Lisandro Martinez a appelé la direction à investir davantage pour renforcer l’effectif. Une prise de position qui n’a pas convaincu Nigel Reo-Cocker, ancien joueur de West Ham et d’Aston Villa. «Le fait qu’un joueur puisse tenir de tels propos sur le directeur sportif en dit long sur la situation de Manchester United en tant que club. Un joueur ne devrait jamais avoir ce droit. Quelles que soient les tensions dans le vestiaire, un joueur n’a pas le pouvoir de s’immiscer dans les affaires de la direction», a-t-il déclaré sur CBS Sports.
L’ancien milieu de terrain a également remis en question les performances du défenseur argentin, estimant que celui-ci n’était pas en position de critiquer publiquement la direction. «Tu dois t’en tenir à ton travail. Tu ne le fais pas. Quoi que tu dises, Martínez, tu ne le fais pas. Tu ne joues pas bien. D’ailleurs, s’il y a bien un joueur qui peut dire une chose pareille et que les gens se disent : “Vous savez quoi ? Il a peut-être raison”, ce serait Bruno Fernandes», a-t-il poursuivi. Reo-Cocker considère que le capitaine portugais dispose d’une légitimité supérieure grâce à sa régularité. «Il a été le joueur le plus régulier du club, présent et véritable sauveur pendant plusieurs saisons. Il est le seul à le mériter. Martínez, lui, ne le méritait pas.», a-t-il ajouté, avant de reprocher au champion du monde argentin de ne pas suffisamment aider ses jeunes coéquipiers. «La moitié du temps, il n’est même pas disponible. Aujourd’hui, le jeune Leny Yoro se fait expulser, alors qu’il joue à tes côtés. Tu es le joueur expérimenté, le champion du monde. Comment aides-tu ce jeune homme ?»
Troy Deeney rappelle le précédent Ruben Amorim
Troy Deeney a également critiqué la sortie de Martinez. L’ancien attaquant de Watford estime que le défenseur doit d’abord examiner ses propres performances avant de mettre en cause les responsables du club. «Je comprends votre frustration, votre honte, vous avez connu le pire début de saison depuis 40 ans… Je me souviens des moqueries dont ils ont été victimes l’an dernier à propos de Ruben Amorim. À la même époque l’an dernier, tout le monde blâmait Ruben Amorim, le système tactique… En tant que joueur, il doit se remettre en question, honnêtement.», a-t-il déclaré. Deeney a également rappelé que les difficultés liées au recrutement ne dataient pas de cette saison, alors que Manchester United avait terminé troisième de Premier League lors de l’exercice précédent, selon les propos qu’il a tenus. «Même s’il est frustré par le directeur technique et le manque d’investissement, c’est une excuse facile, car il y avait aussi un manque d’investissement la saison dernière et ils ont terminé troisièmes [en Premier League]. Il y a contribué, et ce n’était pas grave. Je n’ai jamais entendu personne remettre en question les directeurs techniques et leur travail, mais quand les choses se compliquent – et elles se compliquent –, cela fait partie du problème. Pour les joueurs, les problèmes commencent à la maison. “Ai-je bien joué ?” Parce que je l’ai vu, ce week-end, se faire humilier par Solanke sur ce but. Et maintenant, il blâme le directeur technique ?», a-t-il ajouté.
Mike Grella : «Tais-toi, fais ton travail»
Mike Grella, ancien attaquant passé par plusieurs championnats, a reconnu que Martinez pouvait avoir des raisons de s’interroger sur la gestion du club. Il estime toutefois que ses déclarations ne sont pas justifiées au regard de ses propres performances. «Quand quelque chose tourne mal, c’est toujours la faute de l’un ou de l’autre, et on trouve facilement une excuse. Quoi qu’il arrive, faites votre travail. Tais-toi, fais ton boulot, baisse la tête, et c’est tout», a-t-il lancé. L’ancien joueur a ensuite insisté sur les responsabilités du défenseur : «Tu es payé pour jouer au football, pas pour gérer le club, et tu n’as pas assez bien joué, ni été assez en forme. Tu n’as fait qu’une seule bonne saison sur cinq.»
Martinez maintient ses critiques contre la direction
Après la défaite contre l’Atlético, Martinez avait pourtant expliqué qu’il attendait davantage de la direction mancunienne pour permettre à l’équipe de franchir un cap. «Très faible. Très faible. Je dois beaucoup me contrôler, mais c’est parfois le reflet de la réalité de notre club en ce moment. Nous avons réalisé une saison fantastique l’an dernier et nous attendons désormais davantage de la direction, davantage de joueurs pour être compétitifs, car de nombreuses équipes recrutent également beaucoup de joueurs. L’Atlético possède une équipe incroyable et méritait sa victoire d’aujourd’hui», avait-il déclaré sur Amazon Prime. Le défenseur avait ensuite directement cité Jason Wilcox : «J’attends plus d’investissement. À 100 %. J’attends plus de notre directeur technique [Jason Wilcox]. Honnêtement, en tant que joueurs, nous devons en faire plus, mais il est également important, pour bâtir une équipe performante, d’être préparés à ce genre de soirée. Globalement, la saison dernière, nous avons tout fait, nous avons posé les bases pour former une équipe fantastique. C’est frustrant et décevant de venir ici et de ne pas voir mon équipe tenter d’obtenir un résultat fantastique.»
Martinez a néanmoins refusé de faire porter toute la responsabilité à Michael Carrick, estimant qu’un changement d’entraîneur ne pouvait pas, à lui seul, régler les difficultés de Manchester United. «Je n’en ai pas l’impression. Il donne le meilleur de lui-même. Chaque saison est différente. Il ne faut pas se reposer sur ses lauriers. Les équipes savent comment nous jouons, elles connaissent tous les détails. Si nous ne changeons rien, la saison prochaine, ce sera un gros problème. On ne peut pas changer d’entraîneur sans cesse. Et qu’en est-il des autres aspects ? Je n’ai rien d’autre à ajouter. Ce soir, il est facile de blâmer l’entraîneur, il est facile de blâmer les joueurs, mais il faut aussi examiner d’autres pistes», avait-il conclu.






